Combattants de la guerre de 14-18

Commune de Tréziers

 

DEUMIE Jules

 
100eme REGIMENT D'INFANTERIE
Jules Deumie est né en 1881 à Ornolac (Ariège) Il appartient à une famille de Tréziers. Ses grands parents possédaient le domaine du château de Tréziers. En ce début du 20eme siècle certains de leurs descendants vivaient encore au village.
Jules, après avoir étudié la médecine à Paris, résida en 1905 et 1910 à Tréziers avant de s'installer à Toulouse.
 
Il passa devant de Conseil de Révision du canton de Chalabre en 1901. Il fut jugé bon pour le service, mais dispensé en tant qu'étudiant en médecine.
C'est le 14 novembre 1902 qu'il rejoint le 100eme Régiment d'Infanterie de Narbonne au grade de 2eme classe. Il est mis en disponibilité le 19 septembre 1903

Nomme médecin auxiliaire le 11 aout 1905. Il est affecté à la portion mobile du 100eme Régiment d'infanterie.

Le 16 octobre 1907  il est promu médecin aide major de 2eme classe de réserve dans la 16eme région (Montpellier).

Il est affecté le 16 octobre 1911 à l'Hôpital de Campagne N°4 du groupe de Division de Réserve de Montauban.
 
Campagne contre l'Allemagne du 4 aout 1914 au 31 juillet 1919

Il rejoint son corps le 04 aout 1914.
Promu Médecin aide major de 1ere classe le 11 décembre 1914

AMBULANCE 4/67

Elle appartient à la 67eme Division d'Infanterie de Réserve de Montauban. Le Service de Santé est dirigé par  Jules Rouget médecin divisionnaire

 
Départ du quartier général le 10 aout 1914 à 17h41 arrivée à la gare régulatrice de Troyes le 12 aout. Débarquement à Suippes le 13 aout à 6h du matin.
 

Le 7 et 9 d'avril 1915 la 67 Division  essaye d'enlever la lisière Est du bois de Lamorville dans la Meuse. L'ambulance 4/67 est a Ambly sur Meuse. Le médecin chef  hâte l'achèvement des locaux. Il se préoccupe de trouver des granges et les aménager . Malgré une pluie torrentielle et continuelle, malgré le mauvais état des chemins, malgré les difficultés de toute sorte, le Groupement des Brancardiers Divisionnaires accomplit un véritable tour de force dans ses évacuations qui ont été rapides, et faites de nuit comme de jour
Du 7 au 10 avril les ambulances 4/67 et 5/67 ont reçu 1167 blessés. Ils ont tous été évacués sur les HOE de Villers et Verdun.
Le Médecin Chef de l'Ambulance 4/67 avait depuis quelque temps installé, dans des locaux de son ambulance, une salle d'opération, laquelle quoique de fortune, réunit toutes les conditions voulues et possibles. Il a donc été possible d'y pratiquer un nombre important d'interventions graves, urgentes. Je citerai : amputations de jambes, bras, des articulations de l'épaule du genou, craniectomie et trépanation …

Le 13 avril la 12eme Division est attaquée furieusement par les Allemands. Elle éprouve de fortes pertes. Ses ambulances étant débordées le surplus de blessés est reçu pendant quelques jours par l'Ambulance 4/67 d'Ambly sur Meuse.

 

 

Le 21 juillet 1915 l'ambulance 4/67 qui fonctionne de façon régulière depuis plusieurs mois va au repos à Thillombois  à huit kilomètres delà.
Au mois d'aout elle fonctionne  à Villotte sur Aire. Elle reçoit, à elle seule, les malades atteints d'embarras gastrique.

Le 5 septembre elle quitte Villotte pour venir s'installer à Neuville en Verdunois. Les malades et blessés du 1er secteur (sous secteur sud )remis à la Belle Vallée sont évacués sur l'ambulance 4. Les deux automobiles de l'ambulance assurent les évacuations sur l'HOE  du chateau du Petit Monthairon à coté de Dieue sur Meuse.

Septembre, la construction de supports brancards à adapter au petit train Decauville, est terminée. Il dessert le Village Négre, Lalembois,  Haute-Charrieres, pour évacuer des malades et blessés de cette région.

Le 16 septembre l'Ambulance 4 revient à Villotte sur Aire. Le 27septembre elle revient à Ambly.
 

Le 16 janvier 1916 elle s'installe à Rosnes.  Le 3 février à Deuxnouds. Le 14 février à la ferme de Villers les Moines dans la vallée de la Meuse.  Trente brancardiers sont mis à sa disposition pour l'aménagement des locaux.
Le 23 février ils rejoignent leur groupe. Les unités stationnées dans la région du fort de Marre, Bois Bourrus, ferme Lambert, Bamont et la Magdeleine évacueront blessés et malades sur les ambulances de Villers les Moines.

Le 25 février les Ambulances 4 et 5 se dirigent sur la ferme Lambert. Leur installation offre quelques dangers par suite de la proximité de batteries d'artillerie. Il y a une grande affluence de blessés venant de la rive droite de la Meuse (370 environ)

Le 26 ordre de se replier sur Fromereville les Vallons puis sur Blercourt plus au sud. Le 27 février transfert sur Sivry la Perche

 

 
2eme REGIMENT D'INFANTERIE

Le 5 mars 1916 le médecin Aide major de 1ere classe Deumié de l'ambulance 4/67 passe au 2eme Régiment d'Infanterie. Il est affecté au 3eme Bataillon (bataillon Guédon) qui se bat en Argonne au Bois de la Gruerie.

Le Lieutenant Lieutenant Colonel Pinault de La Touche commande le Régiment. Le 3eme Bataillon est au camp du Souniat

Le 12 mars le bataillon vient occuper La Croix Gentin, Les Hauts Bâtis, Le Rond champs.

Le 5 et 6 mai 1916 combats de la Magdeleine. Préparation par l'artillerie avec concentration de feux avec canons de 155, 75, 90 et artillerie de tranchées (58 et 240)pendant 15 jours. Organisation d'un groupe de 37 volontaires, 16 sapeurs du génie et un détachement de Pompiers, sous les ordres du Lieutenant Mayme. Ce groupe est resté trois semaines à Moiremont à coté de Sainte Ménehould pour y faire de nombreux exercices de lancement de grenades …
Il a été renforcé six jours avant par deux sections de volontaires (Sous-lieutenants Latrive et Bonnissens). Il a été entrepris la création de trois sapes de 50 m allant vers le saillant. Rassemblement du matériel nécessaire (grenades, sacs à terre) outils, etc.…)

Le 5 mai, après une demi heure de préparation, le groupe de volontaires débouche des trois sapes à 17h 13, suivis des sapeurs et pompiers pétroleurs et saute dans la tranchée allemande où il prend 2 mitrailleuses et fait deux prisonniers.
Les divers éléments du groupe se portent aux points indiqués dans les répétitions. Elles avaient été préalablement organisées sur un terrain préparé d'après les photos d'avions, à l'image du saillant ….
Le tir de barrage des allemands s'est déclenché à 17h 25 et atteint vite une grande violence en nous causant des pertes. Volontaires et pompiers nettoient les tranchées et abris, qu'ils incendient avec les occupants et font des barrages de boyaux. De 18h à 18h 45 le travail est très actif, les sapes sont débouchées et reliées à la tranchée. Le nouveau front s'organise sous le feu et deux mitrailleuses qui sont placées en D et K

Mais, vers 18h 45, une section du 47eme doit abandonner son travail et se replie, pressées par une contre attaque à la grenade. A 21 heures, le terrain est absolument bouleversé, et aux lieu de tranchées, il n'existe que des trous d'obus

Bilan Le sous lieutenant Bonnisent est tué, trois officiers blessés dont le Sous-Lieutenant Latrive Quarante sous-officiers et soldats tués, 133 blessés, 8 disparus

Le 23 juin le Régiment cantonne à Sainte Ménehould au quartier Valmy
 

 
Juillet à décembre 1916 Bataille de la Somme
Le 25 aout 1916 le médecin A.M. de 1ere Classe Deumié est évacué pour maladie. Le 2eme RI est au quartier de La Madeleine

Le 28 décembre 1916 le 3eme Bataillon est dans la Somme il quitte Rosières et vient relever un Bataillon du 47eme dans le bois triangulaire. Il y reste deux jours. Le 2 janvier 1917 il cantonne à Fransures puis à Fontaine Bonneleau

Le 14 juin 1917 à 4h30 le 2eme RI quitte Chaintrix pour se rendre à Verdun en passant par Sainte Menehould. Il cantonne à la Citadelle de Verdun le 16 juin. Les bataillons sont employés à des travaux de 2eme ligne. Le 3eme bataillon intervient, à l'ouest du bois de Hadre, dans les abris en lisière sud des tranchées Charpiol et Bouisseau. Le Colonel et l'Etat Major cantonnent à l'hôpital Saint Nicolas
 

Le 3 aout le 3eme bataillon vient en 2eme ligne à la cote du Poivre. Le 12 aout il  est amené, en camions auto, à Erize la Brulée, en cantonnement de repos en arrière des combats.
Le 27aout il est à nouveau à la Cote du Poivre (Sous-secteur de Samogneux) Le 28 aout il est au Quartier des Roches.  Début septembre préparation de  l'artillerie sur le Chapeau de Gendarme. Pour une cause inconnue, nos torpilles tombent sur nos premières lignes et font plusieurs victimes

Le 3 septembre le 3eme bataillon est relevé et vient à Verdun où il cantonne jusqu'au 14 septembre.
 

De novembre 1917 à mars 1918 il est aux Eparges.(Ravin de Montgirmont et crête des Hures) Les cantonnement de repos se font à Sommedieue ou au camp Massa

Le 27 février 1918 à la faveur d'un brouillard et d'un encagement très serré des tranchées de 1ere ligne , les allemands font une incursion sur le secteur tenu par la 10eme Compagnie du capitaine Pelou  et réussissent à nous enlever un officier, le sous lieutenant Breton et neuf hommes.

14 avril 1918 le commandement du Régiment est passé au colonel Mauloise. Le Régiment occupe le sous secteur des Fosses au nord de la route Louvemont Ornes entre le ravin d'Hadimé et le bois de Chaume dans la zone du 17eme Corps d'Armée
 
BATAILLE DE LA MARNE

 

Le 30 mai 1918 le Régiment est transporté dans la région nord de Dormans dans la Marne. Il est mis à disposition de la 5eme Division de Cavalerie. Ils sont placés sous les ordres du Général Arrault commandant de Brigade.
Dans la nuit les bataillons viennent occuper successivement:
- 1er Bataillon (Sagiéres) la lisière du bois dit  "La Vente Jean Guillaume",
- 2eme bataillon (Taureau) à la gauche du 1er, sur une croupe entre la Croix Rouge Ferme et  Beuvardes. Chacun de ces bataillons a deux compagnies en 1ere ligne.
- 3eme, le Bataillon Guédon, débarqué en dernier, s'installe en réserve, à la pointe du jour, dans le bois à 1 km au sud de Le Charmel où se trouve le PC du Chef de Corps.
Vers 7 heures, l'ennemi entre en contact avec les bataillons de 1ere ligne. A la même heure le Bataillon Guédon, reçoit l'ordre de se porter en avant. Contenu sur tout le front tenu par le Régiment, l'ennemi glisse à l'ouest, prend pied dans Beuvardes, puis s'infiltre dans la foret de Fère au nord de la cote 211. Dés lors, sa progression se fait sentir sans arrêt sur notre gauche où le Bataillon Taureau perd rapidement toute liaison avec les chasseurs cyclistes et les éléments du 3eme Dragon avec lesquels il était primitivement relié.
A 9h55 le Ltd Colonel  Mouloise reçoit l'ordre d'envoyer le Bataillon Guédon organiser une position de replis à l'Ouest vers Château Thierry au Nord de Mont Saint Père. C'est ordre ne peut être exécuté, des infiltrations ennemies s'étant produites dans l'intervalle, à travers bois, au sud de Grange Marie, et des patrouilles allemandes ayant même été signalées sur la Marne, à Chartéves.
Le Commandant Chevillottes, adjoint au chef de corps, est parti a cheval pour essayer de prévenir de cette nouvelle situation les bataillons engagés, et surtout d'arrêter le mouvement du Bataillon Guédon. Mais déjà la 9eme Compagnie (Guérin) qui tombe à l'improviste sous les feux ennemis partant des bois au sud de la ferme de la Grange Marie est surprise et très maltraitée. Toutefois le Chef de Bataillon, prévenu à temps, peut ramener ses autres unités sur les fronts boisés entre Fransuets et Jaulgonne où, vers 13 heures, il s'installe en demi cercle,  une faction surveillant en arrière la direction du moulin Delaunay, pour parer à toute éventualité. Il est d'ailleurs rejoint, sur cette position, par la Cie Guérin qui a réussi à se dégager. Pendant ce temps les bataillons Sagniéres et Taureau contiennent l'ennemi.
Les éléments de cavalerie qui assuraient, au début, la liaison entre ces deux bataillons ont disparu, et la liaison complètement perdue. La situation générale est de plus en plus confuse. Le Colonel du 47eme RI vient de recevoir de nouveaux ordres et abandonne le front de la Marne où refluent des groupes de toutes armes: cavaliers, chasseurs à pied, fantassins et sapeurs que la présence de l'ennemi à Chartéves parait avoir démoralisés. Ces éléments hétérogènes sont regroupés prés du pont, mis sous le commandement des officiers disponibles, et reportés en avant de part et d'autre de la route Jaulgonne-Le Charmel.

 

 

La défense du pont de Jaulgonne sur lequel deux ou trois auto mitrailleuses et auto canons sont braqués a été sommairement ébauchée. En arrière quelques tranchées ont été hâtivement creusées au bord de la rive sud de la Marne. Enfin tout est fait pour faire sauter le pont en cas d'urgence. La situation se stabilise pendant quelques heures. L'ennemi qui a peu d'artillerie, n'est pas mordant et semble attendre des renforts pour continuer sa progression. Seuls des avions, nombreux, n'ont cessé d'être actifs, et ont fait sans discontinuer, toute la matinée, un large usage de leurs mitrailleuses contre nos troupes qu'ils survolaient impunément à très basse altitude.
Vers 15 heure ordre du Général Arrault au 1er et 2eme Bataillon de s'établir à la hauteur de la ferme de le Franquets sur le plateau 600 m au nord pour constituer une tête de pont en avant de Jaulgonne.
Le Bataillon Guédon, qui n'a pas bougé, constitue en arrière une réserve gardant les arrières du dispositif.
Les Allemands maintiennent un tir de harcèlement, par mitrailleuses et petits minen, mais attendent visiblement que d'autres mouvements latéraux se soient produits, pour entamer sérieusement leur attaque frontale.
Cet événement  va se produire vers 17h30 à la suite de l'occupation par l'ennemi de la foret de Riz, qui se trouve à l'est, coté Rormans, et à hauteur de Jaulgonne Il semble avoir plus personne devant lui. Il ouvre un feu de mitrailleuses violent contre nos bataillons, tandis que des minenverfer, toutefois notablement gênes par le feu de notre canon M3, se mettent en batterie pour préparer l'attaque.
 

A 18h des ordres nouveaux sont donnés demandant le repli définitif. Le mouvement se fait par échelon, sous la protection des mitrailleuses de cavalerie, qui dans Jaugonne, battent la route du Charmel. Ces divers mouvements se font en ordre, avec des arrêts qui permettent d'infliger des pertes sensibles à l'ennemi. Celui-ci serre de prés nos éléments en criant: "Halte! Halte! Faites camarade !" et en les arrosant de petits minen. Le passage du front a lieu par petits paquets, presque sans pertes, malgré une grêle de balles (tirs fléchant) qui viennent de toutes les crêtes et malgré les obus qui balayent les pentes sud des Franquets et la partie sud ouest du village.
Des éléments de la 3eme Cie arrivent à franchir le pont de Jaulgogne sous un feu de plus en plus violent. Cependant la 1ere Cie (Lescar) reste accrochée dans le village.
A ce moment, vers 19h30, par suite d'une erreur déplorable, le pont saute. La 1ere Cie reste sur la rive nord. Il en est de même du 3eme Bataillon, qui n'a reçu aucun ordre de repli. Seuls deux officiers, secondés par quelques soldats particulièrement courageux, parviennent, grâce à leur esprit de décision et à leur énergie, à traverser la Marne, avec une trentaine d'hommes, partie à la nage, partie en bateau, sous les rafales ennemies

 
Deuxième victoire de la Marne (15-31 juillet 1918)

Le jeudi 4 juillet 1918, jour de la fête de l'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique, est jour férié. Le Régiment participe à la cérémonie et aux jeux militaires organisés à l'Hôpital Américain du Collège de Juilly

Dans la soirée du 5 juillet le Régiment est transporté dans la région de Montmirail (Marne). Le 3eme Bataillon cantonne à Corrobert à quelques kilomètres au Nord Ouest. Le Régiment doit tenir le sous secteur, en 2eme position, entre Evry et les Piots. Le 3eme bataillon s'organise sur les postions de Clairefontaine à Evry

Le 15 juillet 1918 à 0heures, un bombardement d'une extrême violence (forte proportion d'obus à gaz) est déclenché, par l'ennemi, sur tout l'ensemble du secteur. Le Régiment est aussitôt alerté sur la 2eme position qu'il a organisée. A 4 heures, l'ennemi, ayant passé la Marne en force, attaque la première position sur toute l'étendue du secteur et des secteurs voisins. A 7 heures, la ligne de résistance de la première position est enfoncée et, sur la rive du Ravin des Vieux Prés, devant le 3eme Bataillon, la ligne Montleçon-Chézy est occupée par l'ennemi. Une avance analogue est signalée sur tout le front de la Division. Le 278eme RI qui a supporté tout le poids du premier choc, a eut son colonel tué et doit être considérée comme inexistant. La situation parait grave.

Le Général de Division rappelle que la 2eme position doit être tenue coute que coute. Il donne l'ordre d'arroser avec les armes automatiques tous les couverts que peut occuper l'ennemi et tous les chemins d'infiltration, par où il peut tenter de se glisser. L'ordre est exécuté. En outre le 3eme Bataillon qui occupe en 1ere ligne, la 2eme position est immédiatement renforcé par le 2eme Bataillon, et par la 1ere Cie du 26eRIT

Tous les efforts des Allemands pour dépasser la ligne générale Montleçon-Chézy sont enrayés par nos feux d'Infanterie.

Vers la fin de la journée, l'action de notre artillerie s'intensifie. Mais dans la soirée, vers 22 heures, après une violente préparation d'artillerie entre Chapelle Monthodon et la ferme Montlevon se produit une violente attaque. Cette attaque est arrêtée net devant nos fils de fer par le 3eme Bataillon commandé par le Capitaine Bonamy.

Le 16 juillet à 0h30 ordre est donné par le Général Commandant le 3eme Corps d'Armée de prononcer une contre offensive dans la matinée. "Cette contre-offensive devra être poussée à fond jusqu'à la Marne, dans le but d'y acculer l'ennemi et le rejeter au-delà" Le Lieutenant Colonel Mouloise est désigné pour prendre le commandement du détachement Franco Américain qui est composé du 2eme RI et d'un Bataillon du 109 RIVS

A midi, l'attaque se déclenche suivant l'horaire prévu. Le 33eme Bataillon progresse avec rapidité derrière son barrage roulant. Il attaque le hameau de Montleçon fortement défendu et malgré des feux intenses de mitrailleuses l'enlève à midi 25, en faisant une quarantaine de prisonniers. A ce moment son chef le Capitaine Bonamy est blessé, et la commandement passe au Capitaine Hermet. La 10eme Cie commandée par le Lieutenant Rault, atteint et dépasse l'importante position de la Bourdonnerie, vers 13h30. De son coté le 1er Bataillon, à droite, à franchi le ravin des Vieux Prés et monte à l'assaut du village de Chézy situé en haut d'une pente en glacis et ou l'ennemi a accumulé de formidables défenses. Les 1ere er 2emeCie en ont raison, après une heure d'une lutte opiniâtre, brillamment menée par le Capitaine Chauvin et le Lieutenant Houchard qui est tué. Ce succès assure la capture d'une soixantaine de prisonniers, d'une vingtaine de mitrailleuses et d'autre matériel. La marche en avant est reprise. Les lisières Nord des bois de Chézy sont atteintes, de nouveaux prisonniers sont faits.

A 14h30 le 1er Bataillon est à l'alignement du 3eme, à la hauteur de la Bourdonnerie. A 100 métres au Sud de cette ferme, deux canons de 77 sont mis hors d'usage par la 10eme Cie La position des 1er et 3eme Bataillons est très aventurée, et forme une pointe très accusée La liaison avec le 2eme Bataillon ne peut se faire en raison du retard du Bataillon Américain. Vers 16h30 le 1er et 3eme Bataillons sont violemment contre attaqués par des forces ennemies importantes, puissamment armées en mitrailleuses et soutenues par de l'artillerie lourde et légère. Le 3eme Bataillon est débordé par les bois qui se trouvent sur le flanc gauche, d'où l'ennemi menace de lui couper ses communications avec l'arrière. Après s'être concertés les deux commandants de Bataillon décident de se replier sur la ligne Montleçon-Chézy où ils s'accrochent avec opiniâtreté, concevant une grande partie du terrain conquis. Pendant la nuit aucune attaque.

17 juillet 0h. Le 3eme Bataillon conserve ses emplacements autour de Montleçon. Il a pour mission de tenir la 2eme position, en se laissant dépasser dans la matinée par les troupes qui prononceront une nouvelle attaque. Toute la journée il conserve les mêmes emplacements.

 

20 juillet le 3eme Bataillon est en 1ere ligne Sur la ligne Troissy au chemin de terre Cerseuil. Dans le secteur occupé par le 2emeRI, il n'existe ni pont ni passerelle permettant de  franchir la Marne, et de pousser des avant-gardes au-delà de la rivière. Seul un barrage détruit en partie, peut aider, ainsi que des péniches à demi coulées, au passage des patrouilles sur la rive nord. L'ennemi occupe les villages de Vandiéres, Chatillon sur Marne, en permanence. La rive nord est sillonnée la nuit par les patrouilles ennemies. L'artillerie ennemie harcèle Mareuil le Port, Troissy et le petit bois de la cote 91, avec des canons de 77 et de 105, parmi lesquels une assez forte proportion d'obus toxiques.
 

22 juillet. L'ennemi semblant se replier vers le nord en ne laissant qu'un rideau de troupes devant le front (renseignements donnés par un avion, qui volant très bas n'a reçu ni coups de canon, ni coup de fusil), une reconnaissance est prescrite. Le sous lieutenant Leliévre, de la 9eme Cie suivi de sa section, traverse la Marne à 12h45, en s'aidant des péniches coulées et du barrage. Le passage n'est terminé qu'à 14 heures. A 600 mètres du village de Vandiéres, l'ennemi ayant aperçu nos soldats, les accueille par des feux nourris de mitrailleuses venant des lisières sud du village et du Bois de Trotte, retardant considérablement la marche. Néanmoins la progression continue. A 14h30, l'artillerie ennemie bat le barrage détruit et dix minutes plus tard envoie de violentes rafales d'obus toxiques. La progression est arrêtée à 150 mètres du village, la partie sud étant fortement occupée par des troupes largement pourvues de mitrailleuses. A 15 heures, l'ennemi débouchant de la lisière sud du village, se déploie en tirailleurs et contre attaque. Cette contre attaque est arrêtée net par une fusillade très nourrie des hommes de la patrouille et par le déclanchement immédiat du tir de barrage de notre artillerie. L'ennemi est contraint de se replier dans le village. La patrouille Leliévre est maintenue sur sa position jusqu'à minuit 45, malgré les nombreux hommes tués ou blessés, réduisant l'effectif des combattants à une dizaine seulement.
 

23 juillet le colonel donne l'ordre de ne plus faire passer personne sur la rive nord de la Marne, en raison des difficultés de franchissement

26 et 27 juillet. La résistance ennemie ayant cédé dans la nuit à Reuil et à Verneuil, le passage des éléments d'infanterie de la Division de l'autre coté de la Marne commence dé l'aube du 27 juillet. Dans l'après midi, la marche en avant est reprise Objectif : les lisières nord du bois de Trotte et le ruisseau de la Brandouille. Objectifs atteints dans l'après midi.
 

28 juillet. L'ennemi occupe toujours la cotte 212. Malgré le grand nombre de mitrailleuses tirant des boqueteaux  les 1er et 3eme Bataillon parviennent quand même à progresser.

La progression est reprise sur toutes les lignes, et à 17 heures, la Cie de tête du 3eme Bataillon est établie au château de Neuville (10emeCie) Vers 15h50 les Allemands tentent une contre attaque sur notre gauche, mais fortement bombardés par notre artillerie ils ne peuvent déboucher de Goussancourt
 

29 juillet Malgré sa position aventurée le 3eme Bataillon progresse encore dans l'après midi, en se couvrant lui-même vers l'ouest; et quoique considérablement gêné par les tirs de mitrailleuses il arrive à 18h30 à 300m au sud de Villers Agron. Ordre lui est donné de ne pas pénétrer dans le village violemment bombardé par des obus toxiques par l'ennemi.

30 juillet le 3eme Bataillon est à la lisière sud des Bois de Trotte. Le Régiment est mis en réserve de la Division
 

En Aout le Régiment est dans la Marne du coté de Fismes. Il occupe les pentes dominant la rivière de l'Ardre au nord. Le 3eme Bataillon est à la carrière et au petit bois à l'est de Courville.

Il doit  relever le 14 aout le 47eme RI en 1ere ligne  Mais, à partir de minuit, l'ennemi bombarde intensément, par obus toxiques, pendant plusieurs heures, le secteur. La forte teneur en "Arsines" des obus employés, provoque de très nombreuses intoxications. Les officiers et les hommes du 2eme RI ayant effectué les reconnaissances pendant la nuit  sont presque tous évacués , dans la matinée et l'après midi. La relève du 47eme par le 2eme RI en est rendue très difficile. Elle est cependant effectuée en cours de nuit. Le16 aout le régiment occupe le secteur Hourges-Hunchair au sud de la Vesle.

 
LES VOSGES - L'ALSACE

En octobre et novembre 1918 le 2eme Régiment d'Infanterie est dans les Vosges au nord de Saint Dié.

Le 7 novembre leil est à Arches et Archettes. Le 9 novembre 19178 le Général de Castelnau Commandant le Groupe des Armées de l'Est, passe en revue la Division dans le camps d'Arches et remet au Régiment la Fourragère. La Division passe aux ordres de la Xème Armée. Le 3eme Bataillon se porte dans la région de Harol. Le 14 novembre il va cantonner à Epinal (caserne Coucy)

Le 22 novembre le Général Gouraud commandant la Ive Armée fait son entrée solennelle dans la ville de Strasbourg le 2eme RI est en tête

 

 
 
SOURCES
Archives Départementales de l'Aude
Mémoire des Hommes : J.M.O.  26 N 572/2, J.M.O.   26 N 389/10,  26 N 572/2