Combattants de la guerre de 14-18


FAURE GERMAIN

LE 2e REGIMENT DU GENIE
16éme Bataillon 52éme Compagnie.

 
1917 : VERDUN - LA COTE 304 DU MORT-HOMME
Lundi 22 janvier 1917, après plusieurs mois d'une éprouvante guerre des mines à La Chalade, la compagnie 16/52 arrive en autobus à Jouy en Argonne. Elle vient relever la compagnie 8/64 du 4eme Génie dans secteur de la cote 304.
 
Les officier reconnaissent les travaux à effectuer. Un peloton sera occupé aux travaux d’organisation de l’ouvrage de Favry (nord ouest d’Esnes) Une section sera chargée de la construction d’abris au réduit de la cote 310. Une autre section assurera l’entretient de la route de Dombasle à Montzéville , pour la partie comprise entre la lisière nord du bois de Bethelainville et Montzeville.
 
Le jeudi 25 janvier vers 15h 30 les Allemands déclenchent une attaque de nos premières lignes sur la cote 304.
La relève de la compagnie 8/64 est suspendue jusqu'à nouvel ordre. La compagnie reste au repos. Ce n'est qu'un sursis. Elle assure la relève dans la nuit du 26 au 27. Elle quitte Jouy à 15h pour se rendre a Montzeville ou elle arrive a 17h30. Elle reprends la route à 19h. Le 1er peloton (lieutenant Labaume occupe les tranchées de la Rascasse. Le 2eme peloton qui le suivait, avec le capitaine Py, occupe les tranchées de la Garoup.
Le train de combat est envoyé à Ville sur Cousance
Sont tués à Esmes, sur la route de la cote 304 et de la foret du Mort-Homme, le caporal Ernest Billon et le sapeur Mathieu.
Le peloton de la Rascasse reste en place à la disposition du Colonel du 342 RI. Le 2eme peloton reprend ses cantonnements à Montzeville. Le 1er Peloton reste à la disposition du colonel commandant le secteur. Il fait des corvées de matériel et de munitions aux PC Kiffer et au Peigne en 1ere ligne. Est blessé en ligne, le sapeur Marais par balle reçue dans l’épaule gauche.
 
JOURNAL LA CROIX N°10386

Dernier communiqué officiel du 26 janvier 1917 (0 heures). Sur la rive gauche de la Meuse, à la suite d'un violent bombardement, les Allemands ont attaqué hier, en fin de journée, sur quatre points de notre front, depuis le bois d'Avocourt  jusqu'à l'est du Mort-Homme. Repoussés par nos tirs de barrage, nos feux d'infanterie et de mitrailleuses, les assaillants ont dû refluer vers leurs tranchées de départ.

Seules, quelques fractions ennemies ont réussi à pénétrer dans nos éléments avancés dans le secteur de la cote 304. L'ennemi, au cours de cette attaque, a subi des pertes très élevées et a laissé de nombreux cadavres devant nos lignes, notamment au bois d'Avocourt.

 

 

JOURNAL L'HUMANITE : Samedi 27 janvier 1917

OFFENSIVE ALLEMANDE DANS LA REGION D'AVOCOURT - LUTTE POUR LA COTE 304
La guerre avait considérablement ralenti son activité depuis le 15 décembre dernier sur toute l'étendue du front franco-anglais. C'est ce jour-là que les troupes françaises poussèrent sur la rive droite de la Meuse une vive .et forte .attaque qui leur fit reconquérir une large bande de terrain du nord de Douaumont jusqu'au bord de la rivière. Les pluies abondantes qui ensuite presque sans interruption détrempèrent le sol profondément et rendirent impossibles les attaques d'infanterie.
On. ne signalait guère, en dehors des duels de l'artillerie, que des coups de main sans importance et quelques rencontres de patrouilles.
L'hiver s'est remis à sévir. Un gel âpre et prolongé a durci la terre et permis à l'infanterie de quitter ses tranchées et de se déployer.
C'est l'infanterie allemande qui est sortie la première de sa longue torpeur pour attaquer .en force, avec des effectifs de plusieurs régiments, dans la région de la Meuse, après un bombardement d'une grande violence, sur la rive gauche de la rivière, du bois d'Avocourt jusqu'à l'est du MortHomme. Ses chefs pouvaient supposer que nous n'étions pas sur nos gardes dans ce secteur régnait depuis assez longtemps un calme presque absolu. Ils se sont trompés dans leurs prévisions.
Les assauts de l'ennemi, déclenchés violemment sur quatre points de notre front, se sont brisés sous notre feu. Les assaillants ont reflué en désordre vers leurs lignes. Ils n'ont réussi .qu'à s'introduire en des éléments avancés du secteur de la cote 304. Ce léger succès ne compensera pas les pertes subies par l'ennemi. Une contre-offensive énergique nous a d'ailleurs rendu  la plus grande partie du terrain perdu. Des coups de main ont été aussi tentés par l'ennemi dans la région de la Somme.
Ils ont échoué. Une tentative d'attaque en Haute-Alsace a eu le même sort. Nos tirs d'artillerie l'ont enrayée totalement
 
Le dimanche 28 janvier le 2eme Peloton (sous lieutenant Ollagnon) quitte Montzeville à 7 h et va relever le 1er peloton à la Rascasse.
Le 1er peloton rentre au cantonnement à 10h 15.
Le 3eme peloton  effectue les corvées de matériel et de munition. Le sapeur  Brunel est blessé par une balle au poignet. Le sous lieutenant Lambin, qui sort de l’école de Versailles, est affecté à la compagnie.

Lundi 29 janvier. Toujours en cantonnement à Montzeville. La 4eme section travaille à l’entretien de la route Montzeville Dombasles.
Dans la nuit, les 1er et 2eme section, commencent l'organisation d’un barrage dans le ravin 241-258
Elles construisent soixante mètres de tranchées. Sous la conduite des gradés de la compagnie une équipe de cinquante fantassins continue la pose de la voie ferrée de 0,40 du dépôt de Lambechand au calvaire d’Essen.
 
Mardi 30 janvier Deux sections continuent la tranchée au point 6114 (travaux de nuit) Deux compagnies du 81eme RI  de Montpellier, la10° du lieutenant Masseguier et la 11° du lieutenant Périat,  sont mises à disposition de les travaux au barrage du ravin 241-258 (travaux de nuit)
Mercredi 31 janvier, poursuite des travaux. Approfondissement de 300m du boyau des Zouaves
 
Samedi 3 février : étude et tracé d’une tranchée devant relier le boyau des zouaves, aménagé en tranchée pour tireurs, à la tranchée Gros-Claude.
A16 heures la la compagnie est rassemblée au nord de Montzéville. Le Chef de Bataillon Langlois, après une vibrante allocution, accroche la Crois de Guerre avec Palme, au Fanion de la Compagnie.
Différents travaux début février :
Pose réseau brun au nord de la Tranchée des Zouaves. Piquetage tranchée a l’ouest de Favry. Déblaiement du boyau de la Canebière par le 9eme Cie du 81emeRI  mis  à notre disposition. Trois sections travaillent a l’approfondissement et à l’aménagement du boyau nouveau 304. Construction d3une passerelle sur le boyau Cannebière (voie de 040)

Voie de 0,40 à la sortie de Montzeville

Le 17 février la construction de la voie de 0,40 terminée. Une équipe du 105eme Régiment d'Infanterie Territoriale de Riom est chargée de l’entretien .
Le 21 février la 1ere section approfondit la tranchée reliant la 1ere ligne a la tranchée Gros-Claude. Les trois autres sections sont occupées à la construction d’abris dans la tranchée Roussin et dans le boyau des Zouaves.
23 février. La compagnie cesse de travailler aux abris de la tranchée Roussin. Elle encadre quatre compagnies d’infanterie aux travaux du plateau de Pommerieux
 
Le 10 mars Les sapeurs s’occupent, avec trente deux pionniers venant du 105 RIT, des abris du boyau des zouaves. Deux compagnies d’infanterie continuent de travailler sous les ordres du Génie à l’organisation du plateau de Pommerieux .
Le 19 mars, violent bombardement ennemi. La compagnie est alertée. Attaque ennemies. Durant la nuit du 19 au 29 la Cie approfondit le boyau des Zouaves dans la partie comprise entre le plateau de Pommerieux et la cote 304.
Le 23 mars la compagnie 16/52 est placée directement sous les ordres du colonel commandant le 16eme Génie chargé de la direction des travaux de la position de Pommerieux. Un bataillon de la 32eme BI est adjoint aux compagnies 16/52 et 16/2.
De nouveaux abris sont commencés (abris M4 dans la tranchée S avec galerie conduisant à un emplacement de mitrailleuses dissimulé dans un trou d’obus. Abri 31. situé dans la tranchée Gros-Claude a la hauteur du boyau L. Ainsi que l'abri L1 situé dans la tranchée du General Bouchez accueillant une demi section et pour six mitrailleuses. De cet abri part une galerie conduisant a un emplacement de mitrailleuse situe dans un trou d’obus placé environ à 30 m en avant de la tranchée. Les auxiliaires d’infanterie travaillent à l’approfondissement des boyaux des zouaves et de cannebière.
 
Pendant la nuit du 27 et 28 mars un gros "Minen"(torpille), tombe sur l’entrée de l’abri 29. Il l’écrase en enterrant les sapeurs Germain Bousquet et Renard. Le sapeur Renard, légèrement blessé à la figure, a eu deux dents cassées. Le sapeur Bousquet n’a pu être dégagé qu’après cinq heures d’efforts avec nombreuses contusions. Il est cité a l’ordre de la Division.
 
Le 1er avril 1917 le caporal Jean Marius originaire de l’Aveyron est tué sur le plateau de Poumerieux par une balle ennemie qui l’a traversé de part en part. Il est enterré à Ville sur Coutances.
Le 10 avril la compagnie est au repos. Elle cantonne à Brocourt (baraque Adriand) . Le 11 avril école de section et revue d’armes.

 

A partir du 12 avril construction d'un pont renforcé avec le matériel que la 4eme section est allée chercher à Ville sur Cousance. Elle a chargé sur haquets quatre bateaux, des poutrelles, madriers chevalets...
16 avril,  les 1er, 2eme et 3eme section sont cantonnes à Esnes dans des abris cavernes. Elles travaillent ainsi que la 4eme section durant la nuit aux abris souterrains au plateau de Pomérieux. La 4eme reste cantonnée a Montzeville dans ses anciens cantonnement.
Le lendemain un bataillon du 122eme RI  de Rodez est mis à disposition pour les travaux à Poumerieux. Des auxiliaires de l’infanterie sont occupés à approvisionner les boyaux  La tranchée Gros-Claude doit être approfondie jusqu'à 1,60m en moyenne. Une Cie du 122 RI de Montpellier est chargée de la construction d’un réseau en fil de fer barbelés formé de deux bandes espacées d’une vingtaine de mètres. Chaque bande large de dix mètres doit s’étendre entre le boyau Cannebière et et le boyau D
 


A partir du 22 avril jusqu'à la fin mai la compagnie se consacre qu'à la construction d'abris. Du 23 mai au 1er juin un peloton du 80eme RI est met à la disposition de la compagnie pour travailler de nuit à l’approfondissement du boyau des zouaves.
Le jeudi 3 mai le sergent fourrier Abel Falconnet et le caporal Coutelet sont  blessés au cours d'un violent bombardement par un éclat d'obus au cantonnement . Ils sont évacués. L’aménagement de l’abri 28 est terminé le 29 mai, sauf le poste de commandement.
 
Le 2 juin la 2eme Cie du 42 RIT du Limousin est mise a disposition. Elle travaille au nettoyage, au déblaiement ou l'approfondissement des tranchées Bouchez et des Zouaves et des boyaux du Canada et de Californie. Pose de réseaux Riblard, ligne de fil de fer barbelé de forme cylindrique, devant la tranchée Gros-Claude.
Le Commandant de la compagnie reçoit l'ordre de faire étudier et piqueter d’urgence le tracé d’une voie de 0,40 destinée a relier le dépôt du Calvaire d’Esnes à la voie déjà posée entre Esnes et le boyau Tardiveau. Le lieutenant Labaume fait l’étude qui est adressée au GD 32
Dés le 9 juin la compagnie s’occupe de la pose de la voie de 0,40 partant de la jonction du boyau Tournefier avec le Chemin Creux et allant vers le boyau Tardiveau en passant par Esnes. Les travailleurs sont fournis par la le143RI .
Le 14 juin La compagnie entreprend l’aménagement d’un point d’eau dans le ravin 258-251. Un sergent et trente-six hommes de la compagnie 4/145 travaillent à l’approfondissement du boyau  de Chartres.
20 juin. le lieutenant Lambin effectue la reconnaissance de points d’eau signalés dans le Quartier du Bec. Le 22 juin les abris 33, 34, 35, complètement terminés sont livrés.
 
La compagnie est relevée le 26 juin. Les trois sections cantonnées a Esnes en Argonne se mettent en route dés trois heures du matin La compagnie cantonnée à Montzéville,  par petites fractions, fait mouvement sur Dombasles en Argonne et Rampont. Elle arrive a Souhesmes la grande à 8h. Les hommes sont logés dans des granges. Départ lendemain a 15h30. La compagnie se rend à Lemmes ou elle embarque à 16h30 (voir ferrée)

Arrivée a Wassy dans la Haute Marne, une quinzaine de kilomètres au sud de Saint Dizier, à 2h30 du matin. La Cie se met en route pour Pont Varin stationnement désigné. Elle y arrive à 4h 45. Les hommes sont logés dans des granges chez l’habitant.
Samedi 30 Juin : Ordre de se rendre à Dommartin le Franc une dizaine de kilomètres au sud.  Dans l’après midi, de nombreux gradés et sapeurs assistent aux obsèques du sapeur Sauvage, de la Cie 16/2, décédé accidentellement.
 

Dimanche 1er juillet. La compagnie quitte Pont-Varin à 7 h du matin. Destination Ville en Blaisois. A 10h avant d’arriver à Dommartin, le capitaine est informé que la compagnie doit aller stationner à Villiers aux Chênes.
Départ de Dommartin à midi. Itinéraire : Dommartin le Franc, Courcelles sur Blaise, Dommartin le St Pére, Doulevant le château. Au terme de quinze kilomètres de marche, arrivée à Villiers aux Chênes. Il est 15 h 30. Les différentes sections sont logées dans des granges chez l’habitant.
 
Lundi 2 juillet journée de repos. A10h, les gradés des compagnies 16/2, 16/52, 16/71 sont présentées au Général Daydrein, commandant la 32eme Division.
Le lendemain à 16h revue de cantonnement.
En soirée, rassemblement , il est donné lecture de la Circulaire du Général Pétain.
Trois jours de repos. Ensuite théorie sur les brélages et la construction de passerelles. Le vendredi 6 juillet après midi baignade dans la Blaise. Le lendemain instruction pour les cadres, exercices d'infanterie, revue d'armes.
Après la formation théorique l'on passe à l'exécution pratique.  Le 9 juillet La 1ere section construit une passerelle sur la Blaise. Le reste de la compagnie s’occupe de la construction de chevalets rapides. Le jour suivant étude des ponts par chevalet Bégue, chevalets rapides, chevalets Palée.
 
Le 11 juillet une délégation de la compagnie part assister à la revue du 14 juillet à Paris. Le matin du 3 juillet exercices, aménagement d’une tranchée pour instruction sur lancement de grenade a main. Soir de 13 h à 16h : lancement de grenades.


Samedi 14 Juillet: revue de cantonnement et d’effets. Repos. A Paris une délégation, conduite par le sous-lieutenant Olagnon et comprenant un sergent, deux caporaux et douze sapeurs, représente la compagnie à la Revue. Le fanion de la compagnie est porté par le sergent Nicaud.

Jusqu’au 19 juillet : construction de ponts de circonstance, construction des réseaux de fil de fer et service en campagne, théorie sur les artifices et amorçage de charge allongée, lancement de grenades.

 
LE MORT HOMME - TUNNEL DU KRONPRINZ
21 juillet. La compagnie quitte Villiers aux Chênes à midi, elle est embarquée sur des camions et transportée dans le secteur du 16eme corps pour exécuter des travaux. Itinéraire : Doulevant, Dommartin, Courcelles, St Dizier, Chancenay, Sandrupt, Bar le Duc, Naives sur Bar,  Brize la Grande, Brize la Petite, Chaumont sur Aire, Istoncourt, Heppes, Souilly, LemmesElle arrive à 22h à Froméville où est faite une distribution de vivres de réserve. Puis elle se rend au Bois Bouchet où elle passe la nuit.
Le 23 juillet à 6h le capitaine Py , accompagné des lieutenants Olagon et Lambin, de l’adjudant Amandiés et de deux sergents, va reconnaître les chantiers où devra travailler la compagnie.
1 - Passage sous route du boyau de Douaumont à exécuter en grande galerie sous le chemin La Claire-Esnes.
2- Tracé et décapage d’un boyau reliant le boyau N°4 au boyau de Chartres.
Au retour : reconnaissance des abris Touraine au Bois Bourrus, où doit s’installer la Cie
A 19h la compagnie se rend des abris au Bois Bourrus. Puis les quatre sections vont prendre les outils à Germonville et se rendent aux chantiers reconnus la veille

Le 24 juillet à 8h un gradé de la compagnie va reconnaître à la Cote 292, au croisement du boyau N°4 et de la Route d’Esnes à Chattancourt, un emplacement de point d’eau. La première équipe de la 3eme section du sergent Silres y commence dans la nuit un puits à la boule.
Le lendemain à 16h la compagnie quitte les abris Touraine pour aller bivouaquer au bois Bouchet. Une nouvelle équipe coffre le boyau 232 aux environs de l’abris du point d’eau.
29 juillet. Une équipe commence un second passage sous route à l’intersection du Chemin La Claire-Esnes et du boyau raccordant le boyau N°4 au boyau de Chartes.
 
3 août. Le sous-lieutenant Lambin assiste à la réunion mensuelle des officiers chargés du service de protection contre les gaz. Ensuite il fait aux gradés de la compagnie, réunis à 18h, l’exposé des mesures à prendre au cas d’une attaque à l’aide des nouveaux obus lacrymogènes dont l’ennemi a récemment fait l’usage dans le secteur.
Poursuite des travaux début aout. Une équipe transporte le matériel nécessaire à l’aménagement d’un poste optique à la cote 275.
12 aout. Une équipe, à disposition de la 16/51, déplace un ponceau sur le boyau 3bis. Elle effectue le travail la nuit. A 18h le Lieutenant Labaume affecté au 17/2 fait ses adieux aux gradés et sapeurs de la compagnie.
13 aout. Les sapeurs désignés pour servir d’agent de liaison, vont reconnaître la 1ere position, sous la direction d’un sergent. Un gradé reconnaît, en 1ere position, les dépôts de matériel.

14 aout. Aux gradés et sapeurs rassemblés le capitaine Py fait un exposé succinct des opérations qui doivent être prochainement entreprises dans le secteur par la 31eme division à laquelle se joindra  le Génie de la 32eme. Il explique quel sera le rôle du génie, et en particulier celui qui incombe à la 16/52. Chaque escouade sera, ou détachée à une compagnie d’infanterie faisant partie des vagues d’assaut, ou affectée aux formations de réserve marchant derrière elles.
Il est ensuite procédé au tirage au sort des escouades détachées. Sont désignées


La 3eme Escouade doit marcher avec la 1ere Cie du 112 RI
La 4eme escouade doit marcher avec la 1eme Cie
La 7eme Escouade sera avec la 3eme Cie de mitrailleuses.
La 9eme Escouade avec la 9eme Cie
La 12eme Escouade avec la 10eme Cie
La 10eme escouade avec la 11eme Cie de réserve 
Les 1e, 2e, 5e, et 6eme escouades (réserve) seront à disposition du 1er bataillon du 112 RI
Les 8e et 11eme Escouades à disposition du 2e bataillon.
 

16 aout. Dans l’après midi le lieutenant Olagnon explique aux sous-officiers le plan d'engagement de la 31eme Division et leur donne tous les renseignements nécessaires en ce qui concerne le développement de l’attaque.
 
Le 19 aout, dans l’après midi, distribution de vivres légers, de vivres de réserve et d’outils. A 20h30, départ du Bois Couché pour se rendre en ligne. Dans le boyau 4, vers le Projecteur, des agents de liaison envoyés par l’infanterie attendent les escouades pour les conduire à l’emplacement des compagnies auxquelles elles sont affectées. Les sergents, ou chef d’escouade, se mettent en rapport avec les Commandants de Compagnie et reçoivent leurs ordres.
 

Le 20 aout A partir de 2h les troupes se rendent à leurs emplacements de départ . L’attaque a lieu a 4h 40 et se déroule dans de bonnes conditions. La préparation d’artillerie a été excellente. L’élan de troupes est irrésistible. Les objectifs sont rapidement atteints. A la tombée de la nuit, après une violente préparation d'artillerie les Allemands déclenchent une contre-attaque qui échoue sous nos feux.
 

Rôle de la Compagnie au cours de l’attaque par le 122 RI des pentes ouest du Mort Homme.
Premier Peloton
1 – La 3eme Escouade qui est détachée a la 1ere Cie du 122 RI sous le commandement du capitaine Berthoux s’est élancée à l’attaque avec cette compagnie. Perte de trois sapeurs (Blestel, Plaidy et Vyries) tués à quelques pas de la ligne ennemie par une mitrailleuse. A participé a l’occupation de la tranchée Hambourg et à sa remise en état pendant la nuit. A 16h le caporal Brethoux est tué d’une balle au cœur en reconnaissant un passage dangereux à améliorer. Le maitre ouvrier Guiraud prend le commandement. Les sapeurs Sarremejane et Gross font des prisonniers.
 
2- La 4eme Escouade, détachée a la 2eme Cie du 122RI, sous le commandement du Sergent Priou, a suivi la compagnie pendant toute la progression, profitant de l’arrêt sur le premier objectif (tranchée de Brandebourg) pour commencer l’aménagement d’emplacements de tir. Après la conquête de la tranchée Hambourg elle a amélioré la position en créant des emplacements de fusil mitrailleur et de grenadiers.
 
3 - Les escouades de réserve pendant la conquête de l’objectif ont suivi le 1er bataillon dans toute sa progression. Le sergent Cabrol fut blessé par balle à la jambe, le Sapeur Gérard fut tué d’une balle à la tête.
Les 1er et 2eme escouades ont pris une part active, avec le sergent Nicaud à la conquête de la tranchée Hambourg en s’élançant pour faire des barrages successifs. Les sapeurs Couhapé et Trouillard se sont emparé se deux mitrailleuses allemandes qu’ils ont servi pendant toute la nuit avec l’aide du caporal Martin. Le sergent Nicaud a stimulé le courage et le zèle de tous à l’aide du caporal Lavignac et du sapeur Gaillard, toujours braves et dévoués.
La 5eme et la 6eme escouade ont participé à la construction des barrages aux boyaux débouchant dans la tranchée Hambourg. Le sapeur Prompt, avec le maitre ouvrier Roch, en blessant un Allemand, le forcent a se rendre.
Sur la demande du Commandant du 1er Bataillon, tous les sapeurs du 1er Peloton ont volontairement assuré la garde de la tranchée de Hambourg pendant la nuit du 20 au 21 jusqu’à 11h. Ils ont puissamment contribué au maintient des positions (1er ligne) en repoussant avec leurs camarades d’infanterie les contre attaques ennemies.
 
Deuxième Peloton
La 7eme escouade, détachée à la CM3 du 122RI, sous le commandement du sergent Brun part avec la CM3 et pendant un léger arrêt devant le saillant Boivin construit sous le feu des mitrailleuses allemandes des emplacements pour les nôtres. A chaque arrêt, si léger soit-il, les sapeurs se mettent en chantier pour construire des épaulements jusqu’à la position finale ou ils s’établissent avec les mitrailleuses.
La 8eme escouade à la disposition du comandant du 3eme Bataillon sous le commandement du sergent Urbain suit la progression des troupes et, les objectifs atteints, est envoyé dans la tranchée Hambourg pour renforcer la 1ere Escouade qui a été décimée. Elle a participé brillamment à repousser les contre attaques allemandes. L’Adjudant Arnaudies marchant entre les 8eme et 9eme escouade a obtenu la reddition de la garnison d’un blockhaus de mitrailleuses dans le saillant Boivin. Les 9 prisonniers ont été évacués par les soins de la 16/52 Continuant la marche en tête de la 9eme compagnie d’infanterie, il est arrivé un des premiers dans la tranchée Hambourg.
La 9eme escouade, à la disposition du 3eme bataillon sous le commandement du caporal Godart., après avoir ravitaillé l’infanterie en munitions, a atteint la tranchée Hambourg qu’elle a organisée immédiatement. A supporté la contre attaque allemande du 20 au soir. A travaille jour et nuit.
La 10eme escouade à la disposition de la 11eme compagnie de réserve sous le commandement du sergent Darraine, a occupé la ligne de soutien, après avoir commencé à la construire, malgré le bombardement allemand.
La 11eme escouade à la disposition du 3eme Bat du 122 RI, sous le commandement du sergent Lagorce et du capitaine Fanty, a mis immédiatement en chantier  la construction d’un abri.
La 12eme escouade, à la disposition de la 10eme compagnie dy 122 RI, sous le commandement du sergent Moncel et du caporal Mesnil., est partie en tête de l’infanterie
Elle est arrêtée devant la tranchée Biache où sont blessés les sapeurs Durey et Faure (brancardier) qui ne veulent être évacués. Elle coopère activement à la reddition d’allemands dans la tranchée de Curlu. L’officier se rend au Lieutenant Olagnon, commandant le Peloton. Elle se précipite toujours en avant et occupe Hambourg. Le Caporal Mesnil est blessé. Elle commence a organiser la position et subit la contre attaque pendant laquelle sont blessés les sapeurs Durey (2eme fois), Escoute, et le maitre ouvrier Lazagne. Il ne reste plus que deux sapeurs à l’escouade. Renforcée par la 8eme escouade elle travaille activement à l’organisation. Le travail continue activement toute la nuit.

Dans l’après midi entre 15h et 17 heures le capitaine Py et le souslieutenantt Olagnon accompagnés des lieutenants Berger et Monastier de la CM2 du 122eme RI capturent, à l’entrée sud du tunnel du Kronprinz, trois officiers allemands, un adjudant, plusieurs aspirants et cent quatre vingt prisonniers.
 

Pendant la nuit les escouades sont encore à la disposition de l’Infanterie. Seules restent à leur chantier la 7eme et la 11eme (PC chef de bataillon, dans le talweg, au bord du boyau de Pinsk) et la 1ere escouade (Poste de secours dans la zone du 1er bataillon du 122 eme RI)
21 aout. Au lever du jour les Allemands déclenchent une contre-attaque qui est repoussée. Les trois escouades détachées continuent leurs travaux. Les autres sont dans la journée amenés au tunnel du Komprinz. Dans la nuit, elles vont commencer une tranchée de soutien en arrière de  la 1ere ligne.
23 aout l’infanterie progresse de 800m et occupe la tranchée de Tarnopol en avant de la tranchée de Hambourg. Les sapeurs Porte et Degrave sont évacues.
 

 OUEST ECLAIR N°6497

  

SUR LES DEUX RIVES DE LA MEUSE, NOS TROUPES SE SONT PORTEES CE MATIN A L'ATTAQUE DES POSITIONS ALLEMANDES AVEC UNE MAGNIFIQUE ARDEUR D'APRES

NOS PREMIERS RENSEIGNEMENTS LA NOUVELLE BATAILLE DE VERDUN SE DEVELOPPE A NOTRE AVANTAGE SUR UN FRONT DE 18 KILOMETRES, DU BOIS D'AVOCOURT AU NORD DE BEZONVAUX. DE NOMBREUX PRISONNIERS SONT DEJA RAMENES A L'ARRIERE. LA BRAVOURE DE NOS TROUPES EST AU-DESSUS DE TOUT ELOGE.
 

Bar le Duc, 20 août, 11 heures 50. Nous avons assisté cette nuit, dans la Meuse, à la dernière phase de la préparation d' artillerie et à 4 h. 40 du matin, au déclanchement d'une attaque de nos troupes entre le bois d'Avocourt et Bezonvaux.  

A six heures, nous savions déjà que les premiers objectifs étaient atteints et les prisonniers allemands étaient ramenés en arrière. Nulle épithète ne peut donner une idée de l'infernale action de l'artillerie qui durait depuis trois jours. La cote 301, le Mort-Homme, la côte du Talou avaient été entièrement bouleversée par nos feux. L'ennemi avait dû abandonner ses premières lignes, mais nos assaillants, d'un élan continu, sont, allés de tranchées en tranchées, réduisant à- merci tous les combattants qui s'y trouvaient encore. Notre aviation, à peine l'aube avait-elle paru, indiquait par des signaux les progrès de notre marche en avant. Ce fut tragique et foudroyant. Je vous dirai, dans un télégramme ultérieur, les détails de cette action, qui fut des mieux conçues et qui se poursuit actuellement dans des conditions qui satisfont à la fois le combattant et ses chefs.

 

LE TEMPS

 20 Aout onze heures soir

 Sur le front au nord de Verdun, nos troupes ont enlevé, des deux côtés de la Meuse, les défenses ennemies sur un front de 18 kilomètres et sur une profondeur qui dépasse 2 kilomètres en certains points. Sur la rive gauche, nous tenons en particulier le bois d'Avocourt, les  deux sommets du Mort-Homme, les bois des Corbeaux et de Cumières. Sur la rive droite, nous avons enlevé la côte du Talou, Champ, Champneuville, la cote 304, la ferme de Mormont, la cote 240, au nord de Louvemont. A droite, nos troupes ont largement avancé dans le Trois des Fosses et dans le bois le Chaume. Le chiffre des prisonniers valides est supérieur à -4000 Les Allemands ont violemment contre attaqué au bois d'Avocourt, au Mort-Homme et à la cotte 304. Nos feux ont partout anéanti leurs efforts et leur ont infligé de lourdes pertes.

 Notre aviation a pris une part brillante à la bataille, mitraillant à faible hauteur les rassemblements ennemis et contribuant ainsi à repousser les contre-attaques. Nos pilotes ont abattu onze avions allemands sur le front de l'armée. Deux autres appareils ennemis ont été descendus par nos canons spéciaux.

 


Le 24 aout à 8h du matin, à l’observatoire du Mort Homme, le commandant Ballas, commandant le Génie de la 31eme Division, fait une remise de décorations aux gradés et sapeurs qui se sont particulièrement distingués pendant l’attaque du 20.  Reçoivent le sous lieutenant Olagnon la Croix de guerre avec Palme, le sergent Montcel, la médaille militaire avec droit au port de la croix de guerre avec Palme.
 
25 aout. A 4h du matin, au retour du travail, la compagnie moins les trois escouades détachées, quitte me tunnel du Konprinz pour aller occuper la place d’armes de la tranchée Faure (ancienne 2eme ligne) dans la nuit. Les 1er, 3eme et 4eme section  continuent l’approfondissement de la tranchée Tarnopol. Le sapeur Salleter est évacué.
Les escouades détachées continuent leurs travaux. La 2eme section travaille à l’approfondissement de la tranchée Tarnopol, au sud de Béthincourt. Evacues sapaurs Crozal, Robert, Cauhapé (blessé le 20)

BETHINCOURT

Fin aout; Trois sections , avec des travailleurs du 122 RI décapent pendant la nuit, entre les tranchées de Hambourg et de Tarnopol, des ouvrages défensifs, à réunir ultérieurement.
Des sections nettoient le tunnel du Konprinz et déblaient les entrées. La 7eme escouade qui travaillait au PC de Chef de Bataillon, rejoint la Cie
Le 29 aout au retour du travail, à 4h du matin, les 2e, 3e et 4e sections quittent la tranchée Faure pour venir s’installer  aux abris de la cote 272 sur la route Montzeville à La Claire. La 1ere section, reste dans la tranchée Faure. La première escouade ne laisse que trois travailleurs au PS et vient relever au PC de Chef de Bataillon, la 11eme Escouade.
31 aout Au tunnel du Kronprinz on commence le débourrage d’une charge disposée sous les escaliers de l’entrée sud.
Le lendemain 1ere section quitte la tranchée Faure pour se rendre au Bois des Bouleaux où elle prendra un repos de 4 jours. La Cie repasse sous les ordres directs du GD 32. Elle cesse de travailler au poste de Secours et au PC. Au tunnel du Kronprinz, continuation du débourrage et travaux d’assainissement, nettoyage, puisards, etc.

Dans la nuit du 4 au 5 l’ennemi ayant bombardé  la cote 232 avec des obus à gaz. Les travailleurs de la piste ont été incommodés Sont évacués pour intoxication : Urbain, Godart André Boudel, Robert, Salléles.
6 septembre. La 1ere section commence la Piste de la Hayette qui doit desservir la vallée de la tranchée de Curlu et la sortie sud du Tunnel du Kronprinz

Le 13 septembre les installations électriques et mécaniques du tunnel du Kronprinz sont placées sous ma surveillance du capitaine Py commandant la Cie 16/52
La 32emeDivision travaille au tunnel du Kronprinz La 21eme reprend les travaux au PC suspendus depuis le 1er septembre La 1er travaille aux ponceaux de la piste de la Hayette
20 septembre. Une équipe de quelques hommes de la 1ere section commence sous la direction du sous-lieutenant Rampini, qui a été affecté à la compagnie trois jours plus tôt, le piquetage d'une voie de 0,40 partant de la route Esnée-Chattancourt et desservant les pentes du Mort Homme .
Le 22 septembre trente cinq hommes de l’artillerie de tranchée sont mis a disposition. Quinze sont affectés a la piste Sonnois les autres a la voie de 0,40 du Mort Homme. Une quarantaine d’hommes du 15eme RI travaillent à l’assainissement du Tunnel du Kronprinz ou ils sont logés.
 
A 20 heures le 23 septembre une équipe de secours est demandée a la compagnie pour être employée à la cote 232 où le tir ennemi s’est acharné dans l’après midi. Notamment il a effondré l’abri des télégraphistes où étaient réfugié des isolés de passage.  Les sapeurs commencent à dégager les victimes et dont le sous-lieutenant Hubert qui n’est enseveli qu’a moitié.
Vers 1h du matin on a dégagé un fantassin A 16h le sous-lieutenant Hubert est dégagé tous deux sont évacués. Sous l’éboulement il ne reste que des cadavres que l’on s’efforce de retirer.

 
A partir du 25 septembre la compagnie 16/52 est chargée de la construction de toutes les pistes dans le secteur de la Division.
Fin septembre les travaux sont interrompus piste Sonnois. Ceux de la voie de 0,40 du Mort Homme sont repris par la section de discipline . Au point 232 les travaux de secours continuent. Le sapeur Pichet est blessé au cantonnement du bois des Bouleaux par un éclat de bombe jetée par avion. Il est évacué.
 

La 14eme DI doit relever le 8 octobre la 32eme DI dans le secteur du Mort Homme. Les compagnies du génie seront relevés sur leurs chantiers par les unités correspondantes de la 14eme DI. Tout le matériel de secteur, engins de transport, fils téléphoniques, outils, vivres matériel fixe de protection contre les gaz, restera en place. Il sera pris en charge contre reçu en double formant inventaire.

VOIE DE 40 AU MORT HOMME

SOURCES :
JMO 26N 778/5
JMO 26N 778/
9
JMO 26N 1264/14