LA COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER DU MIDI

A partir de 1848 la République met en place des ateliers nationaux. Ils sont destinés d'abord à donner du travail aux chômeurs. Les hommes sans qualification sont employés notamment à des travaux de terrassement. Ces dispositifs à vocation sociale vont donner une forte impulsion aux travaux publics. La construction des voies de chemin de fer va largement en profiter.
Après le Coup d'Etat du 2 décembre 1851  le réseau ferré, qui se développe rapidement, prends sa constitution définitive.
C'est par décrets que des concessions élaborées en Conseil d'Etat sont mises en place (1).
Le gouvernement impérial porte à 99 ans leur durée maximum. Il encourage les compagnies à se regrouper et à fusionner, pour devenir des entités puissantes, capables d'investir plus facilement dans la création de nouvelles lignes.
Fin 1852 seize lignes sont concédées à l'industrie privée, soit 3804 km.

C'est le  21 juin 1846 que la concession du chemin de fer de Bordeaux à Cette est accordée à la Compagnie Expeleta, qui s'était associée aux compagnies Mackenzie, Schneider et Lasalle.
Elle s'était mise à l'œuvre, sans attendre l'homologation de ses statuts, qui eut lieu le 24 septembre 1846. Dés le 3 juillet elle avait passé un accord avec le Directeur,  secrétaire général des ponts et chaussées; M. Job, ingénieur en chef à Agen, et M Béan ingénieur en chef à Toulouse.

La crise financière qui commença des l'automne 1846 obligea la compagnie à suspendre les travaux. Le conseil d'administration fit sans succès de nombreuses demandes au ministre pour obtenir  la garantie d'un minimum d'intérêt de 4%  qui avait été accordée à d'autre compagnies (Cie du chemin de fer d'Orléans). Devant le refus du ministre le conseil d'administration proposa la dissolution de la société. Elle fut votée par l'assemblée générale du 31 juillet 1847(1)
Cependant de nombreux actionnaires contestèrent cette action en ces termes :
"On
nous a communiqué des notes el des documents relatifs à la liquidation de la Compagnie. Au premier aperçu nous avons vu des faits ... qui seraient plus que blâmables, s'ils étaient vrais. On ferait payer aux actionnaires des études qui n'ont jamais été faites; M. Tarbé des Sablons, le liquidateur, loucherait pour ses honoraires une somme , assez ronde... "(2)
 
puce 1851/1852 - CREATION DE LA COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER DU MIDI
La concession du chemin de fer de Bordeaux à Cette avait donc été abandonnée et tombée en déchéance en 1847.
Les Compagnies se plaignaient de la concurrence du canal latéral de la Garonne. Les deux sociétés, chemin de fer et canal, étaient dans une lute tarifaire suicidaire, qui ne permettait pas d'atteindre l'équilibre financier. Le gouvernement proposa alors de céder le canal à la Cie  du chemin de fer. Une loi fut votée le 8 juillet 1852, à la quasi unanimité, autorisant l'opération.

Le 24 aout la concession fut attribué à une association de financiers, la Compagnie Pereire Espela. Ce groupe comprenait notamment,  Emile Péreire (président), Emile d'Eichtal (vice président) Ernest André, Emile Péreire, Rothschild frères, Charles et Paul Séguin, le duc de Galliera, de Grimaldi.Ezpeleta,. Ils créeront la Compagnie du Midi, publication au Moniteur le 8 novembre 1852 .Le siège social était à Paris 15 place Vendôme(ancien hôtel de Gramont actuellement le Ritz). Cette dotation fut complétée par les concessions Bordeaux-Bayonne (classée en 1842) et Narbonne-Perpignan (future liaison vers l'Espagne et l'Algérie).

1855


D
imanche 2 décembre 1855, à une heure et demie, eut lieu l'inauguration solennelle de la section de Bordeaux à Langon sur la ligne du Midi, par Mgr le cardinal archevêque de Bordeaux qui bénit la ligne et prononça à cette occasion un discours. M. le préfet, ainsi que les principales autorités, assistèrent à cette cérémonie.

 
1857
Par décret du 1er aout 1857 la Cie du Midi reçoit la concession dite des chemins de fer pyrénéens. Elle comprend notamment: Toulouse-Bayonne par Montréjeau Tarbes et Pau avec un embranchements sur Foix . Elle obtient aussi la ligne de Castelnaudary à Castres à réaliser dans les deux ans
INAUGURATION DE LA LIGNE DE TOULOUSE A CETTE
La liaison Toulouse-Cette fut mise en exploitation le 22 avril 1857. Cette même année les trains qui circulaient entre Bordeaux et Cette transportérent 4605 voyageurs par jour. Chaque voyageur parcourut53 km en moyenne (2)


 

CONVENTIONS DE 1859
Pendant les derniers mois de I8S7, une crise financière, s'était rapidement étendue dans le pays et avait provoqué une crise commerciale intense. Le marché des titres des chemins de fer, qui après 1852, inspirait confiance en ressentit le contrecoup. Ll'atteinte portée au crédit des Compagnies fut très important. Une chute profonde se produisit sur le cours des actions.
On pouvait lire dans Le Moniteur : " L'opinion publique s'est préoccupée, dans ces derniers temps, des réclamations que les Grandes Compagnies ont adressées au Gouvernement. Ces réclamations ont été accueillies avec le bienveillant  intérêt que l'Empereur a toujours montré et continue à porter à
ces grandes entreprises.....C'est dans ces circonstances que furent élaborées les conventions de 1859, qui marquèrent une page mémorable de l'histoire des chemins de fer"
Afin de moduler les aides de l'Etat, les réseaux sont classés en deux entités : ancien réseau (le plus rentable) et nouveau réseau.
Pour la Compagnie du Midi l'ancien réseau est d'abord composé des lignes Bordeaux-Cette et Narbonne-Perpignan. Le nouveau réseau comprends la ligne Toulouse-Bayonne avec son embranchement sur Foix. L'Etat juge équitable de prendre à sa charge l'infrastructure de la ligne de Toulouse-Bayonne.
 
1861
Le 14 juin 1861 le gouvernement déclare d'utilité publique 25 lignes de chemin de fer, dont la liaison de Saint Girons à la ligne Toulouse-Tarbes, soit 31km. Cout estimé 5 millions de francs. Elle devait servir au transport de bétail, des minerais et desservir plusieurs établissements industriels. L'Etat financerait l'infrastructure. Elle sera ouverte à l'exploitation en 1866.
La liaison sur Foix seras réalisée en 1861-1862.
 
1863-1864
Une nouvelle convention avec la Compagnie du Midi est négociée.
Pour la partie dite "ancien réseau" les résultats dépassaient les prévisions originelles de 1852.
En dépit de ce bilan positif, sur les 849 km qui avaient été promis pour la partie dite "nouveau réseau" seulement 385 km étaient en exploitation.
Une nouvelle convention fut négociée et votée le 11 juin 1863 par le Parlement.

Le 13 aout 1864 la Cie du Midi obtient la concession de la ligne Carcassonne-Quillan.

En 1864 nombreuses municipalités avaient approuvé souvent avec enthousiasme la concession de la ligne Carcassonne Quillan à la Cie des chemins de fer du Midi La session du conseil municipal  de Tréziers du 17 mai 1863 en témoigne.

 
1868
Nouvelle convention négociée avec la Cie du Midi. L'Etat conteste les comptes présentés. 
Au terme des négociations la Cie accepte des concessions à priori peu lucratives, dont la ligne de Tarascon à Foix. Elle devrait acheminer du plâtre, des bestiaux et du minerai de fer en provenance des mines du Rancié et du Vicdessos. L'Etat s'engagea à lui livrer les plateformes. Foix-Tarascon seras ouvert au trafic en 1877.
De nombreux amendements furent déposés au parlement visant à créer de nouvelles lignes. Il fut proposé une liaison transversale entre les lignes Toulouse-Foix et Carcassonne-Quillan (les prémices de la ligne Pamiers Limoux). Ils furent repoussés.

 
DECRET DU 21 JUILLET 1898
La compagnie des chemins de fer du Midi et du canal latéral à la Garonne est autorisée à prendre la dénomination de « Compagnie des chemins de fer du Midi ».
SOURCES
Gallica:  l'Express, La Sentinelle
 Rapports et délibérations du Conseil Général de l'Ariège
Registre conseil municipal de Tréziers
Les Chemins de fer. Aperçu historique....Alfred Picard, Paris, Dunod, 1918
(1) Le Moniteur des chemins de fer. N°6, Gallica
(2)
Le défenseur des actionnaires du chemin de fer N° 6 25/12/1847,Gallica
 
ISSN : 1626-0139

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