demission du conseil municipal de treziers

DEMISSION DU CONSEIL MUNICIPAL

 

Dans les années qui suivirent la 1er Guerre Mondiale, l'école de Tréziers n'était toujours pas un poste recherché par les instituteurs. Les habitants du village avaient le sentiment que les enfants y étaient mal enseignés, qu'on affectait à l'école des maîtres que l'on ne voulait pas ailleurs.

Cette opinion largement partagée était nourrie par le fait que depuis quelques années l’Académie affectait exclusivement des institutrices à ce poste.

Il faut tempérer ces a priori un brin misogynes. Quelques unes de ces maîtresses ont laissé de leur passage à l’école communale de Tréziers, un excellent souvenir, comme Mademoiselle Pla. Très appréciée, elle devait partir en A.O.F. au Dahomey exercer quelques temps à Cotonou.

Pendant cette période les rapports entre le maire et l’institutrice ne furent pas des meilleurs. Lorsque en 1924 Madame Anna Fraysse quitte Tréziers, où elle a exercé pendant trois ans, pour rejoindre son nouveau poste à Montjardin, elle ne reçoit pas les rétributions dues de la commune. On lui doit des indemnités pour avoir assuré la gérance du téléphone, le secrétariat de la mairie, l’ouvroir, le balayage des classes. Elle réclame en vain. Il faudra l’intervention du sous-préfet, puis du préfet, pour qu’elle soit enfin payée.

Lors du dénombrement de 1926 c'est Mme  Laetitia Berard originaire de Carcassonne est en poste à Tréziers.

Au lendemain de la guerre de 39/45, une crise majeure va voir le jour. L’institutrice titulaire est encore peu appréciée. Absente quelque temps pour raison de santé elle est remplacée par un jeune intérimaire, Monsieur Revel. Enthousiaste et motivé, il fait merveille. Lorsque la titulaire revient, c’est la consternation dans le village. On espérait ne plus la revoir.

A la Libération, une nouvelle équipe municipale a été portée à la tête de la commune. Elle est décidée de se débarrasser de l'institutrice titulaire qu’elle estime incapable d'enseigner. Le jeudi 07 février 1946 le maire, Jean Fabre, présente aux conseillers des lettres signées par cinq pères de famille, qui ont leurs enfants à l'école. Ils demandent le départ de l'institutrice titulaire et le maintien du suppléant M. Revel.

Son opinion était faite. Ces réclamations étaient justifiées « par des motifs très valables ». Il les contresigna.

Un courrier accompagné des originaux fut envoyée au Préfet, avec copies à l'Inspecteur d'Académie et au député de l'Aude M. Guille. Le Maire se disait résolu à présenter sa démission en cas de rejet.

L'inspecteur d'académie par courrier du 19 février rejeta la demande au motif du non respect des règles de fonctionnement du corps des instituteurs.

Une nouvelle pétition des familles fut portée au maire. Elles  menaçaient, cette fois, de ne plus envoyer leurs enfants à l'école communale. Le dimanche 10 mars le maire réunit les conseillers. Il exposa la situation : le refus de l’Académie et la colère des parents. Il annonça qu’il allait remettre sa démission au Préfet. La majorité du conseil municipal l’approuva et témoigna sa solidarité. Huit conseillers sur dix présentèrent leur démission.

Cette fronde obtint gain de cause. L'institutrice fut déplacée. Par lettre du 09 avril 1946 le Préfet donnait satisfaction aux élus. « J’ai l’honneur de vous faire connaître que Monsieur l’Inspecteur d’Académie, auprès de qui je suis intervenu, m’informe que Monsieur Revel reste provisoirement à Tréziers en qualité d’intérimaire. Je vous signale par ailleurs que ce poste sera porté vacant au prochain mouvement »

 
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ISSN : 1626-0139

 

03/08/2009

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