demission du conseil municipal de treziers

DÉMISSION DU CONSEIL MUNICIPAL

Dans les années qui suivirent la 1er Guerre Mondiale, l'école de Tréziers n'était toujours pas un poste recherché par les instituteurs. Les habitants du village avaient le sentiment que les enfants y étaient mal enseignés, qu'on affectait à l'école des maîtres que l'on ne voulait pas ailleurs.
Cette opinion largement partagée était nourrie par le fait que depuis quelques années l’Académie affectait exclusivement des institutrices à ce poste.

 Pendant cette période les rapports entre le maire et l’institutrice ne furent pas des meilleurs. Lorsque en 1924 Madame Anna Fraysse quitte Tréziers, où elle a exercé pendant trois ans, pour rejoindre son nouveau poste à Montjardin, elle ne reçoit pas les rétributions dues de la commune. On lui doit des indemnités pour avoir assuré la gérance du téléphone, le secrétariat de la mairie, l’ouvroir, le balayage des classes. Elle réclame en vain. Il faudra l’intervention du sous-préfet, puis du préfet, pour qu’elle soit enfin payée.

Lors du dénombrement de 1926 c'est Mme  Laetitia Berard originaire de Carcassonne est en poste à Tréziers.

En octobre 1937 arrive Mademoiselle Peyrefitte. Elle possède une voiture. Le conseil municipal va lui aménager un garage contre le mur de l'église.. En octobre 1939 elle n'est plus à Tréziers. Le maire avait reçu un ordre de réquisition de sa voiture pour les besoins de la guerre. Elle avait été remplacée par M. Boyer au mois de mars précédent. M. Boyer est mobilisé. Mme Gilberte Desjardin réfugiée venant de l'Oise le remplace. Elle quittera ce poste rapidement. .
A la rentrée de septembre 1940 elle est remplacée par Melle Jeanne Simone Ousric qui en 1942 épouse Alexandre Fabre de Tréziers. Elle participe au Comité de Secours National dont elle est adjointe auprès du maire Élie Série. Cette organisation caritative créée lors de la Grande Guerre a été réactivée en 1939. Elle est passée sous la mouvance pétainiste. En plus de la collecte de fond selle mène une importante action de propagande. A Tréziers la vente de portraits de Pétain rapporte 200 Francs.
 
A la Libération,  une crise majeure voit le jour. L’institutrice titulaire est contestée. Absente quelque temps pour raison de santé, elle est remplacée par un jeune intérimaire, Monsieur Revel. Enthousiaste et motivé, il fait merveille. Lorsqu'elle reprends son poste, c’est la consternation dans le village. On ne comptait plus la revoir.
Après la guerre le village reste profondément divisé. Des mésactions de collaborateurs pétainistes viennent d'être vengées. En août 1944 chasse à l'homme, deux jeunes hommes du village sont capturés puis exécutés par les résistants.
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Une nouvelle équipe municipale a pris la tête de la commune. Elle vient de la résistance.  Elle est décidée de se débarrasser de l'institutrice titulaire qu’elle estime incapable d'enseigner. Le jeudi 07 février 1946 le maire, Jean Fabre, présente aux conseillers des lettres signées par cinq pères de famille, qui ont leurs enfants à l'école. Ils demandent le départ de l'institutrice titulaire et le maintien du suppléant M. Revel

Son opinion était faite. Ces réclamations étaient justifiées « par des motifs très valables ». Il les contresigna.
Un courrier accompagné des originaux fut envoyée au Préfet, avec copies à l'Inspecteur d'Académie et au député de l'Aude M. Guille. Le Maire se disait résolu à présenter sa démission en cas de rejet de sa demande.

L'inspecteur d'académie par courrier du 19 février rejeta la demande au motif du non respect des règles de fonctionnement du corps des instituteurs.

Une nouvelle pétition des familles est portée au maire. Elles  menacent, cette fois, de ne plus envoyer leurs enfants à l'école communale. Le dimanche 10 mars le maire réunit les conseillers. Il expose la situation : le refus de l’Académie et la colère des parents. Il annonce qu’il allait remettre sa démission au Préfet. La majorité du conseil municipal l’approuve et témoigne sa solidarité. Huit conseillers sur dix présentèrent leur démission.

Cette fronde obtint gain de cause. L'institutrice fut déplacée. Par lettre du 09 avril 1946 le Préfet donnait satisfaction aux élus. « J’ai l’honneur de vous faire connaître que Monsieur l’Inspecteur d’Académie, auprès de qui je suis intervenu, m’informe que Monsieur Revel reste provisoirement à Tréziers en qualité d’intérimaire. Je vous signale par ailleurs que ce poste sera porté vacant au prochain mouvement »
 
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ISSN : 1626-0139

 

03/08/2009

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