vers la gratuite de l'enseignement a treziers

VERS LA GRATUITE DE L'ENSEIGNEMENT

 
 

 On l’a vu plus haut, les idées généreuses de la Convention prônant un enseignement obligatoire et gratuit n’avaient jamais été réellement appliquées. Les familles supportaient les frais de scolarisation de leurs enfants. Cela écartait les plus pauvres des salles de classe. Lors des élections municipales d’octobre 1876 Jean Baptiste Sérié fut élu maire. Il avait pour adjoint François Luga.

Cette nouvelle équipe était clairement progressiste. Le dimanche 12 novembre 1876, ayant réuni le conseil municipal, Jean Baptiste Sérié déclara : « c'est avec beaucoup de peine que je vois certains enfants de la localité privés d'instruction. Cela parce que leurs parents, par suite de mauvaises affaires, sont hors d'état de payer la rétribution scolaire. Il est d'autre part impossible de les faire figurer sur la liste de gratuité ouverte aux indigents, car leur famille est imposable. Cela suffit pour les faire rayer de la liste par la commission départementale»

Avec beaucoup de détermination il engagea les conseillers à le soutenir pour demander au Préfet l’autorisation de rendre l'école entièrement gratuite à Tréziers. A l’unanimité, ce vœu fut adopté. Il écrivit au Préfet pour obtenir son accord. Il souhaitait étendre la gratuité absolue de l’école à tous les enfants de la commune à partir du 1er janvier 1877.

Cette mesure novatrice fut refusée par l’administration. Il faudra attendre six ans pour que soient votées les Lois Jules Ferry rendant l'instruction primaire obligatoire et gratuite aux enfants de sept à treize ans. Ce n'est qu'à partir de 1882 que la participation directe des familles sera supprimée.

 Cette même année 1882 une commission municipale scolaire est mise en place. La composait le maire, Pierre Deumié, et trois membres choisis par le Conseil Municipal : Pierre Deumié aîné, Pierre Faure et Joseph Monié. L'inspecteur d'Académie y avait un représentant. Cette commission avait pour mission de surveiller le fonctionnement de l’école et d'encourager sa fréquentation. C'était un nouveau pas vers la main mise de l'Etat sur l'enseignement primaire. La prochaine étape interviendra en 1889 lorsque l'instituteur ne sera plus recruté par le maire mais par l’administration. Il deviendra, de fait, un fonctionnaire.  

 
Retour Ecole

ISSN : 1626-0139

.03/08/2009

mail to : faure.robert@wanadoo.fr