paroisse saint martin de treziers

LA PAROISSE SAINT MARTIN DE TREZIERS

 
 

 L’ancienne paroisse Saint-Martin de Tréziers naquit de la réunion de deux communautés, celle de Tréziers et celle du Cazal des Faures. La première comprenait le village de Tréziers proprement dit, avec les hameaux et métairies d'Autajou, du Bacounié, la Borde du Tailleur, la Borde des Sériés, le Bézuc, Gabaussa, le Requet. La deuxième communauté, celle du Cazal des Faures, en plus du Cazal regroupait les Béssédes, la Douce, Couchardi et la métairie de Foncaud.  

L'église Saint-Martin accueillait aussi les familles de la « métairie » de l'Espagnol. Cet écart pouvait prétendre au statut de hameau car il regroupait plusieurs familles. Dernière trace d’une ancienne division du territoire, il dépendait normalement de la paroisse Saint André de Corbières. Toutefois au civil il appartenait à la communauté de Tréziers. Le plus souvent les enfants de ce lieu recevaient l’eau du baptême à Tréziers. Pour les parents c'était plus commode. Les fonds baptismaux de la petite église de Saint André de Corbières étaient bien plus éloignés. Pour la même raison au moment de se marier, les familles faisaient appel au recteur de Tréziers. Elles sollicitaient  une dérogation du curé de Corbières qui l’accordait volontiers. Autre élément cimentant leurs liens avec la communauté de Tréziers, depuis toujours leurs sépultures étaient au même cimetière (Carrié, Planet, Toustou…)

Tout comme eux,  les résidents des hameaux de La Bouiche, de Malematte, de La Fouiche et même parfois ceux d'Ennaude, qui dépendaient de la paroisse de Lagarde, fréquentaient volontiers l'église de Tréziers. Surtout à la mauvaise saison. La rivière de l'Hers était fréquemment trop grosse pour être franchie à gué. Tous se pressaient à la grand-messe du dimanche de Saint-Martin de Tréziers.

C'est pour les mêmes motifs que les gens de La Redonde et du moulin neuf, paroissiens de Saint-Martin de Roumengoux, fréquentaient Saint-Martin de Tréziers.
Le dimanche, l'église paroissiale devenait le point de ralliement de la population de Tréziers et des alentours.

Néanmoins le périmètre de la paroisse fluctua au long des siècles. Certains écarts comme les Béssédes purent dépendre quelques temps de Roumengoux.

 

LE DEMEMBREMENT

 

En 1790 la Constituante décida d'organiser de l'Eglise de France en diocèses et paroisses calquées sur le découpage administratif du pays en départements et communes. De nombreux diocèses furent supprimés, dont celui de Mirepoix. Les limites entre départements ignorèrent les anciennes divisions territoriales.

La paroisse de Saint Martin de Tréziers se trouva démembrée. La commune de Tréziers fut placée dans l'Aude, celle du Cazal des Faures, dans l'Ariège. La première dépendait de l’évêque de Carcassonne, la seconde de celui de Pamiers. Comme sur le territoire du Cazal des Faures il n'y avait ni église ni chapelle, on voulu rattacher sa population à la paroisse ariégeoise la plus proche. Celle de Saint-Martin de Roumengoux fut pressentie. Cela souleva de vives protestations de la part des habitants du Cazal. A la demande du Préfet de l’Ariège une enquête fut diligentée. Il fut jugé plus opportun de faire desservir la commune par le curé du Cazal de Bayles. C’est sous sa conduite, dans la petite église du Cazal des Bayles, que les enfants du Cazal des Faures faisaient leur première communion au milieu du 19éme siècle (1)


Pourtant, une grande partie des familles du Cazal des Faures ne se résignait pas à abandonner leur ancienne paroisse. Les plus irréductibles continuaient à la fréquenter assidûment. Pour elles il n’était pas question de délaisser la terre où étaient enterrés leurs ancêtres. Leurs tombes étaient à Tréziers.

En 1846, les liens avec Saint-Martin de Tréziers étaient encore si vigoureux, qu’elles participèrent au financement des nouvelles cloches.

Bon gré mal gré, au bout de quelques décennies, on arriva à un compromis. En 1855, une chapelle et un cimetière furent construits au lieu dit « le moulin neuf ». La municipalité du Cazal des Faures sous l’impulsion de son maire Jacques Raulet prit à cœur d’obtenir de l’évêque de Pamiers la désignation d’un prêtre résidant dans la commune. La chapelle obtiendra rapidement le statut d’église paroissiale. La nouvelle paroisse fut placée, comme Roumengoux et Tréziers sous la protection de Saint-Martin.

Le quartier du moulin qui avait été jugé le plus apte, du fait de sa position centrale, à cette implantation deviendra le cœur de la commune. On y édifiera le bâtiment accueillant la mairie et l’école publique. Une vingtaine d’années plus tard la commune changera de nom. En 1876 le Cazal des Faures deviendra Moulin Neuf.

 
 
(1)   Source : Papiers de la famille Bezombes du Cazal des Faures
 
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ISSN : 1626-0139

 

23/07/2009

 

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