Prisonniers de la guerre de 14-18

 
 

MARTY Léon


Il était le curé de la paroisse de Tréziers. Il est né en 1882 à Belfou (Aude)
Il fut affecté à 37eme Division, au
Groupement de Brancardiers Divisionnaires
Il fut fait prisonnier le 17 septembre 1914 à Cuts dans l'Oise et  libéré en novembre.
Il fut affecté à l'Ambulance 1/16 du 15 mai 1915 au 11 novembre 1918.

 
Depuis la Loi du 15 juillet 1889, dite loi Freycinet, les ecclésiastiques mobilisés devaient être versés dans des services de santé. Une circulaire des Armées en octobre 1914 avait été source de confusion en permettant de faire tenir par des hommes du service auxiliaire certains emplois du service armé. Le  ministre de la guerre, Millerand, saisi par des parlementaires, demanda de revenir à l'application stricte de la loi de 1889.
 
LES SERVICES DE SANTE MILITAIRES EN 1914


Les formations sanitaires de l'armée se divisent en service de l'avant et service de l'arrière. Les formations sanitaires de l'avant comprennent : Les ambulances d'infanterie, les groupes divisionnaires de brancardiers, les groupes de brancardiers de corps d'armée, les ambulances de division de cavalerie, les sections d'hospitalisation.

Le personnel  des ambulances d'infanterie s'établit comme suit :

1 médecin major, 5 médecins aide-majors, 1 pharmacien, 2 officiers d'administration. Infirmiers : 2 sous-officiers, 4 caporaux et 22 soldats.

Pour le train des équipages : 1 sous officier, 1 brigadier, 2 ordonnances, 8 conducteurs et 19 chevaux, 6 voitures, 20 brancards.

 Un corps d'armée dispose, par division entrant dans sa composition de: 4 ambulances, 3 sections d'hospitalisation, 1 groupe divisionnaire de brancardiers.


C'est au niveau du groupe des brancardiers de corps d'armée que l'on trouve 2 aumôniers catholiques, 1 protestant, 1 israélite.(1)
 

L'Ambulance est un dispositif fixe installée assez loin pour être protégée des feux de l'artillerie ennemie. Elle est  généralement mise en place dans un village ou un plis de terrain. Dans ce dernier cas elle utilise des tentes de toile, les tentes Tortoise. Elle doit disposer d'eau à proximité et se trouver prés d'une route pour que les voitures, chargées de blessés, puissent y accéder facilement.

Les groupes de brancardiers marchent en arrière des divisions et à une certaine distance des ambulances Ils sont formés de deux sections. Au point de vue personnel médical il y a dans chaque groupe un médecin major, quatre médecins auxiliaires, cent trente huit infirmiers dont six sous officiers et des ministres des cultes.
Ils sont accompagnés d'un détachement du train des équipages dont des conducteurs pour les chevaux..
Lorsque les Corps d'Armée se déploient, les groupes de brancardiers se portent à la gauche de chaque bataillon.
Ils assurent l'évacuation des blessés sur les Ambulances ou autres formations sanitaires postées à courte distance du champ de bataille.

 
EXTRAITS DES JOURNAUX DE MARCHE
LA 37eme DIVISION
Le jour de la mobilisation le dimanche 02 aout 1914 une grande partie de l'Etat Major est à Constantine (Algérie) Un premier détachement avec à sa tète le commandant Baille, chef d'Etat Major, part d'Alger le 07 Aout et arrive à Cette le 09 aout. Le reste du quartier général avec le Général Comby commandant la Division quitte Constantine pour Philippeville. Le croiseur allemand Goeben bombarde la ville faisant 10 tués et 18 blessés. ..

Embarquement à 12h à bord du Medjerda où l'on passe la nuit. Ce bateau courrier à vapeur de la ligne Oran Port-Vendres appartenait à la Compagnie de Navigation Mixte. Au matin à 7h il rejoint l'escadre composée de cuirassés, Le Diderot, Le Danton, Le Jules Michelet, Le Vergnaud, L'Edouard Quinet, L'Ernest Renan, Le Mirabeau.
Dans la nuit du 6 au 7 aout le Lieutenant Blanc, de l'Etat Major de l'Artillerie, pris subitement d'un accès de folie tue deux marins de l'équipage, blesse grièvement l'officier d'administration Garnier, de l'hôpital militaire de Constantine et un homme d'équipage. Le Lieutenant Blanc est abattu.
Arrivée à Marseille le 08 aout à 10 h. Embarquement gare de Marseille Arenc pour Arles point de mobilisation

En aout 1914 la 37eme Division d'Afrique du général Comby est dans la région de Charleroi avec la Vème Armée elle fait partie du Xème Corps d'Armée. Elle est constituée de deux brigades: la 73eme du General Blanc (2e Zouaves, 2e, 5e et 6e Tirailleurs) et la 74eme Brigade du Colonej Taupin (3e Zouaves, 3e et 7e Tirailleurs) Elle compte 457 officiers, 18947 hommes de troupe, 4484 chevaux et mulets.
Du 13 au 15 aout transport par voie ferrée dans la région de Rocroi. La Division est placée sous les ordres du 1er Corps d'Armée
Du 19 au 20 elle est à Mariembourg et se porte dans la région de Philippeville (province de Namur, Belgique).
Le 21 aout l'ennemi attaque le 10eme corps sur la Sambre. La Division se porte sur le front Pontaury - St Gérard. Les routes sont encombrées par l'artillerie.
Entre le 22 et le 24 aout la 37eme Division est engagée dans la Bataille de Charleroi. Elle combat à Fosse et Mettet. Elle  subit des pertes importantes. Le 3eme tirailleur perd 1171 hommes dont 22 officiers dont son chef le Lieutenant Colonel Trouselle. Pour l'ensemble de la division 3048 hommes et 39 officiers sont hors de combat. Le colonel Taupin commandant la 74° Brigade est tué. Dans ces pertes, beaucoup de disparus, 11 officiers, soit peut être le1/4 des pertes.

Du 24 aout au 6 septembre la Division se replie vers le sud, par Baileux, Origny, Lugny, Torcy, Richecourt, Laon, Fismes, Lebreuil, Fontaine sur Montaiguillou.
 
GROUPE DE BRANCARDIERS DE CORPS 7E CORPS D'ARMEE
Il est formé le 7 septembre 1914 à Oissery. A sa tête l'aide major Vauray médecin chef. Il dispose de trois sections dont la 5°. L'effectif est de soixante-treize hommes avec seize chevaux. Ils sont pourvus de trois grandes voitures pour blessés, quatre petites, une brouette porte brancards.
 
 

L'abbé Leon Marty au dernier rang (4eme  )assis  à droite probablement Justin Arcizet

 
BATAILLE DE LA MARNE - BATAILLE DES DEUX MORINS
Le 7 septembre la 37eme Division passe en première ligne et se porte sur le Grand Morin. Elle reçoit 613 tirailleurs en renfort.
10 septembre la Division stationne dans les environs de Paris.
BATAILLE DE L'AISNE
Le général Joffre, voulant profiter de sa victoire à la Bataille de la Marne, ordonne d'attaquer les armées allemandes qui se replient, lors de ce qu'on appellera la bataille de l'Aisne.
15 septembre. La résistance de l'ennemi s'est accentuée devant l'Armée Anglaise, la droite et le centre de la 65eme Armée qui n'a pu dépasser le front : Haut de Vaux, Massenancourt, Ferme Touarut...

La 37e Division, doit se porter en deux colonnes dans la région de Carlepont-Caisnes prête à intervenir dans la bataille...
A 11 heures l'avant garde  de la 74° atteint Tracy le Val. A midi le 2eme zouaves occupent le Mont-Choisy et continue sur La Pommeraye et Cuts.
3h,  La Pommeraye est occupée A 14 heures les premiers éléments de la 74°sont à la lisière nord de Caisnes. Ordre à l'artillerie de canonner Lombray pour faciliter le mouvement. L'ennemi offre une forte résistance à Cuts, qui est attaqué par le 2eme Zouaves et le 6eme Tirailleurs

.
17 h 40 Cuts est enlevé, et le mouvement en avant est repris, direction Bruyères. La 74eme Brigade est arrêtée par l'ennemi qui tient Lombray. Le 3eme tirailleur attaque par le Sud-Ouest et 3eme Zouave cherche à déborder par le nord en gagnant Gézancourt par le bois de Cuts
 Le 16 septembre, à 6h30, la 74eme Brigade attaque Lombray. Les bois au sud de Brétigny paraissent fortement tenus par l'ennemi. La 73eme Brigade doit tenir le front La Pommeray-Cuts jusqu'à ce que la contre- attaque ennemie soit enrayée. A partir de 11 heures arrivent à Caisnes des éléments en retraite du 4eme Corps d'Armée.
A 17 heures l'ennemi débouchant du Sud Ouest, (Carlepont et Laigne) réussit à progresser. Un bataillon du 74éme est retiré du Bois de Cuts et envoyé à Caisnes.19h la brigade Marocaine attaque Carlepont. Vers 22h, attaque ennemi sur le bois de Cutz

Le 17 septembre. A 16h l'ennemi parvient à pénétrer dans Cutz et détermine un mouvement de repli chez les tirailleurs qui tenaient le village. Les batteries du 3eme groupe se sacrifient pour essayer d'arrêter la progression. L'ennemi  enlève La Pommeraye.
A Bellefontaine le 3eme Zouave est attaqué par le Nord, l'Est et l'Ouest. Les munitions sont extrêmement réduites. La Division ne dispose, pour communiquer avec l'arrière,  que du chemin de terre du Bois de la Montagne, que la pluie a rendu impraticable aux voitures. Les hommes ont consommé leurs vivres de réserve.

 
TEMOIGNAGE DU 2eme REGIMENT DE MARCHE DE ZOUAVES (extraits)

Le 15 septembre, le 2eme Zouaves reprenait sa marche en avant, traversait Carlepont abandonné par l'ennemi et recevait l'ordre d’attaquer Mont-Choisy et Cuts, Cette tâche ardue fut confiée au 11ème Bataillon, sous les ordres du Commandant Fabre, Le Bataillon Delalande recevait l'ordre d'appuyer cette attaque en s'emparant de La Pommeraye. Malgré une résistance très ferme des Troupes allemandes, le Bataillon Fabre, grâce à l'entrain de ses hommes, atteignait assez vite Mont-Choisy et tâchait de déboucher sur Cuts, dont l'ennemi avait organisé la lisière et qu'il tenait fortement, avec de nombreuses mitrailleuses. Le Bataillon Delalande, accroché plus durement, n'arrivait à La Pommeraye qu'assez tard dans, la soirée. Les deux Bataillons aussitôt, combinant leur effort, s'élancent d'un bond à l'attaque de Cuts, bousculent l'ennemi surpris et s'emparent presque sans pertes du village.
La victoire, semblait couronner nos efforts, mais un événement imprévu allait imposer à la 37ème Division et au 2ème Zouaves des sacrifices nouveaux et des pertes sanglantes : Maubeuge était tombée et les Corps d'Armée qui l'investissaient étaient descendus rapidement par la vallée de L'Oise.
C'est le 16 Septembre que la 37ème Division allait recevoir presque seule le choc de cette formidable Armée.Le 16 au matin, le Bataillon Delalande recevait la mission de tenir La Pommeraye, le Bataillon Fabre d'occuper le village de Laigle. Toute la nuit, une pluie fine et glacée, s'était abattue sur bivouac des Zouaves ; l'avance de la veille n'avait pas permis aux vivres d'arriver. Les hommes, fatigués, par deux mois de combats incessants, n'avaient pas mangé depuis l'avant-veille. Qu'importe ! Pas un n'était absent pour repartir à l'assaut.
Laigle était encore inoccupé et une longue colonne d'Infanterie ennemie sortait de la foret un peu au Nord pour aborder le village. Le Caporal Clam n'hésite pas : il arrête ses quatre patrouilleurs d'avant-garde et brûle toutes ses cartouches. Devant le feu de ces cinq hommes, la colonne allemande reflue, rentre dans le bois et en organise la lisière. Le bataillon Fabre, grâce à l'abnégation de ce héros, entre dans Laigle et s'y retranche. L'ennemi, cependant, arrivait de toutes parts. Il venait de bousculer sur la gauche du Régiment une Brigade d'Infanterie Française dont quelques éléments se mirent à la disposition du Commandant Fabre et assurèrent la liaison avec le Bataillon Delalande A 10 heures, après une préparation d'Artillerie intense, l'ennemi attaquait et était repoussé. D'heure en heure, il recommençait ses assauts, toujours en vain. C'est sur Laigle qu'il concentre tous ses efforts. A 17 heures, le Commandant Fabre n'avait plus sous ses ordres que 200 à 300 hommes, Zouaves, Tirailleurs et Fantassins ; une attaque nouvelle se dessinait, plus violente, encore que les précédentes, car des troupes fraîches ne cessaient d'arriver. Le combat fut terrible : pouce par pouce, il fallut défendre le terrain; cette puissante attaque ne réussit qu'à s'emparer de quelques maisons. Malheureusement, il ne restait presque plus personne ; le Commandant FABRE, blessé, venait d'être fait prisonnier. Pendant que les quelques survivants organisaient, durant la nuit, les maisons du village qui restaient en notre pouvoir, le Général Commandant les Troupes allemandes se faisait conduire auprès du Commandant Fabre et le félicitait de l’héroïsme de ses Troupes : « Vous aviez devant vous, Commandant, toute une Division ». Le Médecin-chef de l'ambulance ajoutait qu'il avait déjà soigné plus de 1.200 blessés allemands.

Le lendemain, 17 Septembre, l'Allemand, renforcé encore, reprenait ses assauts et s'emparait de Choisy ; Le Hesdin et La Pommeraye étaient réduits en miettes, et le Bataillon Delalande, menacé d'être cerné, revenait à Caisnes auprès du Colonel.

Dans l'après-midi seulement, les fractions qui s'étaient maintenues encore toute la matinée dans Laigle, débordé de toutes parts, rentraient également à Caisnes. La situation était de plus en plus critique. L'Allemand avait pris Choisy, Cuts, et, derrière la 37ème Division, Carlepont venait de tomber à son tour. La route était fermée, et il fallait tenter un effort suprême pour ne pas laisser aux mains de l'ennemi les Drapeaux glorieux de quatre Régiments. La « Brigade Marocaine » se dévoua pour ses camarades d'AFRIQUE et fut sublime.

Elle s'élança sur Carlepont ; après plusieurs tentatives infructueuses et sanglantes, finit par y pénétrer, livra dans la nuit un horrible combat de rues, permit à la 37ème Division d'échapper à la tenaille allemande et de se replier sur Tracy le mont et Tracy-le-Val.
Pendant ces trois journées de combats ininterrompus le 2ème Zouaves venait de barrer la route de PARIS et de briser tout l'effort de l'ennemi

TEMOIGNAGE ABBE CALLARD CURE DE TRACY LE MONT
Le 14, nos troupes poursuivent les allemands en fuite sur Tracy le Val et Carlepont ; la poursuite se continue jusque la Pommeraye, et Cuts. Nous sommes heureux, la confiance est entièrement revenue, nous en serons quittes à peu de frais. Mais, hélas ! dans la nuit du 15 au 16 de nombreux renforts ennemis traversent l’Oise, au pont de Pontoise, se glissent dans les bois de Carlepont qui est repris par l’ennemi, notre 37eme division va être encerclée. C’est alors que la 3eme brigade marocaine cantonnée à Estrées Saint Denis reçoit l’ordre de reprendre Carlepont. L’après midi du 16, après une marche de près de 40 kilomètres par une chaleur étouffante, cette brigade arrive. Ces vaillants soldats qui n’ont pas encore combattu et sont ardents de se jeter dans la mêlée, chargent les allemands au Mont Pluqet entre Tracy le Val et Carlepont. De nombreux français tombent, mais les allemands reculent.
Le 17, journée sanglante dans Carlepont : combats de rue à rue, de maison à maison, sept charges à la baïonnette. C’est alors que les allemands pour arrêter la ruée des nôtres usent d’un procédé ignoble et barbare ; ils ont ramassé ce qu’ils ont pu de civils dans Carlepont, et surtout des femmes et des enfants et les ont fait placer devant eux, formant ainsi un barrage vivant en avant d’eux. Carlepont est cependant repris et la 37eme division qui se trouve à Cuts, sans munitions, presque encerclée peut se replier par la trouée qui est faite ; une partie de l’artillerie reste entre les mains de l’ennemi.

 

LE RETOUR DES PRISONNIERS

La Convention de La Haye du 29 juillet 1899 avait édicté des règles visant à "humaniser" les guerres entre Etats.
Par la suite elle avait été complété par plusieurs traités dont La Convention de Genève du 6 juillet 1806 qui prévoyait diverses dispositions concernant les prisonniers de guerre.
Article 9 : "Le personnel exclusivement affecté à l'enlèvement, au transport et au traitement des blessés et des malades, ainsi qu'à l'administration des formations et établissements sanitaires, les aumôniers attachés aux armées, seront respectés et protégés en toute circonstance ; s'ils tombent entre les mains de l'ennemi, ils ne seront pas traités comme prisonniers de guerre."
Article 12 : Les personnes désignées dans les articles 9, 10 et 11 continueront, après qu'elles seront tombées au pouvoir de l'ennemi, à remplir leurs fonctions sous sa direction.
Lorsque leur concours ne sera plus indispensable, elles seront renvoyées à leur armée ou à leurs pays dans les délais et suivant l'itinéraire compatibles avec les nécessités militaires.
Article 20 : Le personnel protégé en vertu des articles 9, alinéa 1er, 10 et 11 porte, fixé au bras gauche, un brassard avec croix rouge sur fond blanc, délivré et timbré par l'autorité militaire compétente, accompagné d'un certificat d'identité pour les personnes rattachées au service de santé des armées et qui n'auraient pas d'uniforme militaire
.
Léon Marty semble avoir rapidement bénéficié de ces dispositions. Il ne resta en captivité qu'une paire de mois. Capturé le 14 septembre 1914, il est libéré le 26 novembre de la même année.  Il fait partie d'un convoi de 169 prisonnier réceptionnés par la Croix Rouge Suisse le 21 novembre 1914
Il est affecté à l'Ambulance 1/16 du 15 mai 1915
L'AMBULANCE 1/16
1915

Le 27 mai 1915 l’ambulance 1/16 s’installe à Valmy à la place d’une ambulance coloniale. Elle assure le tri des malades et blessés venant directement du front sans passer par les postes de recueil positionnés sur le front. De plus elle soigne les blessés. Dès le début du mois de juin les Allemands emploient des gaz asphyxiants. La  Direction Sanitaire  du Corps d’Armée reçoit les masques à gaz  et lunettes envoyés par l’arrière. Elle est chargée de  les répartir.
Le 10 aout elle se replie pour aller cantonner à les Mériqueux. Le 24 elle se déploie à Somme Brionne puis elle va à Orbeval elle traite les blessés de la 32eme Division. Le 7 décembre à Saint Remy elle est désignée pour prendre en charge un certain nombre de malades de de la 5/16. Le personnel étant insuffisant, un groupe de dix infirmiers et deux aspirants est détaché du Groupe de Brancardiers de Corps.

1916
Le 31 janvier 1916 l’ambulance 1/16 et la SH 1/16 se déploient au château de Bochet  près d’ Hartennes-et-Taux dans l’Aisne. A partir du dimanche 6 février elle est spécialement chargée du traitement des contagieux de l'ensemble du Corps d’Armée. Des vaccinations contre la fièvre typhoïde se poursuivent activement.

Le 8 juillet  l’ambulance 1/16 est relevée rejoint Passy sur Marne.  Le 17 juillet, avec la 2/16, elle  quitte son cantonnement et s’embarque par voie ferrée avec le Groupe de Brancardiers de Corps . Débarquement à la gare de Révigny-sur-Ornain (Meuse). Le 20 juillet elle cantonne à environ cinq kilomètres   à Villers aux Vents.

Le vendredi 4 aout l’ambulance 1/16 et le SH 1/16 viennent en relève au village de Brizeaux (Meuse)

Fonctionnement des évacuations : Des voitures sanitaires sont détachées en permanence dans des postes d’accueil avancés au plus près des  combats. Elles amènent les malades et blessés aux ambulances de triage de la Grange aux Bois et de  Rarécourt. De là ils sont dirigés sur St-Ménehould . Les grands blessés ayant besoin d’une intervention chirurgicale sont dirigés sur Froidos ou Salvange aux Ambulances d’Armée. Les grands malades intransportables sont également diriges sur Froidos ainsi que les contagieux. Les blessés et malades évacuables et contagieux abdominaux sont dirigés sur lHOE de Fleury sur Aire. Les petits malades les affections externes légères et les suspect très légers sont envoyés au camp du Raton d’abord à l’ambulance  8/12 puis à l’ambulance 3/16.
Les malades susceptibles de guérir en moins de 3 ou 4 semaines sont conservés dans les ambulances de la Grange aux Bois (1/84 puis 11/16) ou  Brizeaux Village à l’ambulance 1/16
Les travaux sont activement poussés à la Forestière de Brizeaux pour le montage le planchéiage et le coffrage des baraques Adrian De nouvelles baraques sont reçues de l’arrière et permettent d’augmenter la capacité des ambulances 1/16, 10/7 et Forestière de Brizeaux.
10 novembre depuis le 27 septembre une épidémie de fièvre Typhoïde sévit sur les troupes du groupement.
Décembre Les hommes atteints d’affections MST et cutanées compliquées sont envoyés sur une formation spéciale ambulance 1/16 Brizeaux.

1917

1er Janvier 1917 Les deux divisions du corps d’armée occupent le secteur Four de Paris en Argonne. Pendant les dix premiers jours de janvier le groupement traite 336 malades et 48 blessés. Les blessés sont des victimes de la guerre de mines, la seule actuellement en vigueur sur le front du groupement. Les malades présentent des affections saisonnières (bronchites, congestions pulmonaires, rhumatisants  A retenir quelques cas de grippe, quelques cas de Pieds des Tranchées. Affection causée par le séjour prolongé dans la boue, sans possibilité de se déchausser. Ces derniers cas sont traités dans une ambulance spécialisée.

21 janvier l’ambulance 16/1 est au camp du Bois de Lasye. Elle traite les MST simples et les dermatoses.

2 aout 1917 Bombardement par obus spéciaux en divers points des secteurs du 13e CA. 1 mort, 53 hommes et 3 officiers intoxiqués (sulfure éthyle de chlore)  Les couvertures imprégnées par gaz ou par poudre provenant d’obus éclatés occasionnent des brulures chez les hommes qui s’en servent ultérieurement.
Organisation du service de santé  au 20 aout au matin.
Le Groupe de Brancardiers Divisionnaires 31 et celui de la Division Marocaine assurent le service de ligne. Centres de groupement à Bethelainville et Froméreville les Vallons, des postes de recueil établis à Sivry-la-Perche ouest et Sivry bas. Les voitures sanitaires  étaient poussées à la cote 132, à La Claire, à Chattancourt. En fin de journée elles étaient à Cumiéres-le-Mort-Homme

Ambulance de triage aux camps de Clairs Chênes 7/16/11/16  
Centre du Ravin de Placys comprenait 4 ambulances dont la 1/16 Ce centre recevait les porteurs de garrot les hémorragiques, les lésions graves du crane du thorax et de l’abdomen des que le transport devenait possible. Au 3 septembre la 1/16 est toujours au Centre du ravin de Placys
Le 7 octobre à 7h45 l’ambulance 1/16 quitte le ravin de Placys et se rend à Nubécourt  puis à Villers aux Vents. Le 13 octobre stationnement 1/16 à Epenoux. 04 décembre elle est à Giromagny (territoire de Belfort) où elle reste disponible
17 décembre elle vient à l’H.O.E de la Chapelle sous Rougemont, ancienne frontière Franco-Allemande, sur la route Belfort Colmar rejoindre l’équipe médicale 172. Début janvier elle reste détachée à La Chapelle sous Rougémont avec la Section d’Hospitalisation 1/16. Elle complète l’HOE qui, en cas d’opérations, viendrait en aide au Corps d’Armée. Le groupe complémentaire de chirurgie N°153 est avec l’Ambulance 1/16.

1918
Le 8 mars 1918 l’ambulance 1/16 et la SH 1/16 viennent occuper le Groupement d’Ambulance de Lauw (Alsace, Haut Rhin) Les travaux sont activés sous leur impulsion. Des salles sont aménagées pour 150 blessés ne pouvant être évacués.

1er mai 1918 la direction des services de santé est à Noordpeene, en Flandres française, au château du Couvent. L’ambulance 1/16 est mise à disposition du médecin de l’armée(DAN) Elle s’installe dans l’hôpital anglais 63 sur la route de Cassel, pour y traiter les moyens et petits blessés.
Le 8 juillet les ambulances 1/16 et 2/16 et GBG cantonnent à Saulx
15juillet 1918. Alerte à 1h1/2.Prêt à partir dans une heure Les Allemands déclenchent une attaque sur tout le territoire de IV armée à 3 heures. Le GBG débarqué à 9h vient cantonner à Givry en Argonne L’ambulance 1/16 et 2/16 cantonnent  à Rémicourt (Marne)
26 juillet à 22h  la 1/16 et 2/16 s’embarquent pour Champigneulles. Dans la matinée du 29 elles se rendent aux casernes Kléber à Essey les Nancy ou elles vont fonctionner

Elle quitte Nancy 04 septembre pour Lezy sur Ourcq.
22 septembre la 1/16 s’installe à Attichy (Fondation Pillet Will) sortie Est d’Attichy avec une ambulance d’armée et une ambulance divisionnaire 16 lits 6 équipes chirurgicales

11 octobre les GBG et l’ambulance 1/16 se rendent à Blaincourt les Fresnes pour amorcer un nouveau groupement de CA Le 12 elle se porte à La Fresnes pour faire le triage du CA.
20 octobre le médecin chef de l’ambulance 1/16 2 équipes chirurgicales 2 infirmières et 15 infirmiers reçoivent l’ordre de se rendre à Crepy (Hospice) pour y fonctionner comme antenne chirurgicale Six camions demandés à l’armée transportent le matériel nécessaire de Blaincourt Le Fresnes à Crépy . A partir du 21 au soir les intransportables absolus du CA seront traités à Crépy.
Le 26 octobre à la suite d’un bombardement par obus toxique il y a grand afflux de gazés (105) L'évacuations très difficiles à cause de la grande distance de Pontardier (commune d'Ambleny) et le mauvais état des routes. 27 octobre: 98 blessés, 420 gazés.
Dans la matinée du 7 novembre mouvement cantonnement Marcy proche de Saint Quentin puis sur Vervins.
11 novembre signature de l’armistice et arrêt des opérations à 11 heures

18 décembre Départ des formations sanitaires de Vervins
27 décembre l’ambulance 1/16 s’installe à Liancourt  Le personnel est prêté à l’hôpital régional de Pont St Maxence

 
SOURCES
Mémoire des hommes : JMO 26N 330/1
J.M.O. 26N 101/16
J.M.O. 26N 133/1
J.M.O
26N 162/7
Historique du 2ème Régiment de Marche de Zouaves, Paris, Henri Charles Lavauzelle
Petit Historique de Tracy le Mont - Abbe Callard
Archives Départementales de l'Aude. Dossiers Anciens Combattants. RW2042
(1)
Armée et Marine N°32 - C de Lapeyrousse.

 

18/006/2011